En Espagne, Rajoy reste flou sur la poursuite des réformes

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MARIANO RAJOY RESTE FLOU SUR LA POURSUITE DES RÉFORMES
MARIANO RAJOY RESTE FLOU SUR LA POURSUITE DES RÉFORMES

par Fiona Ortiz

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a défendu mercredi sa politique en se targuant d'avoir évité au pays l'humiliation d'un plan de sauvetage international et il a promis de poursuivre la modernisation de l'économie, mais son appétit de réformes structurelles semble affaibli.

La pression sur Madrid s'est, il est vrai, nettement allégée ces derniers mois, notamment après le feu vert de la Commission européenne au report des échéances fixées pour réduire le déficit public.

Et sur les marchés financiers, les coûts de financement de l'Etat espagnol sont revenus à leur plus bas niveau depuis deux ans et demi grâce à la promesse de la Banque centrale européenne (BCE) de tout faire pour aider les pays en difficulté de la zone euro.

"Personne n'a fait autant d'efforts que les Espagnols en 2012", a déclaré Mariano Rajoy mercredi au Parlement, laissant entendre que les partenaires de Madrid n'avaient pas réduit leurs dépenses publiques dans les mêmes proportions.

Le gouvernement espagnol de centre-droit qu'il conduit a de fait mis en oeuvre des mesures censées réduire au total le déficit de plus de 20 milliards d'euros, en conjuguant hausse des prélèvements et baisse des dépenses.

Il a aussi entrepris de transformer le marché du travail en réduisant le pouvoir des syndicats et en diminuant le coût des embauches comme des licenciements. Sans pour autant parvenir à endiguer la hausse du chômage, qui touche désormais 27% de la population active.

Dans son discours, Mariano Rajoy a précisé avoir supprimé plus de 370.000 emplois publics.

LA RÉFORME DES RETRAITES JUGÉE PRIORITAIRE

Madrid a aussi commencé à assainir son secteur bancaire, un grand ménage financé à hauteur de 42 milliards d'euros par l'aide de l'Europe.

Mais si Mariano Rajoy a promis fin avril de nouvelles réformes, il n'en a toujours pas dévoilé la nature et certaines voix lui reprochent d'avoir repoussé sine die la refonte du système de retraites et les coupes jugées nécessaires dans la fonction publique.

La réforme des retraites figure pourtant parmi les dossiers considérés comme urgents par les observateurs: 16 millions d'Espagnols seulement contribuent au financement des pensions de neuf millions de retraités.

Le gouvernement a entrepris d'élaborer un nouveau système de calcul des droits à la retraite, qu'il pourrait présenter aux autorités européennes comme une réforme de long terme et à ses compatriotes comme une adaptation progressive.

Pour José Areilza, professeur de droit à l'école de commerce ESADE, Mariano Rajoy ne dispose que d'une étroite marge de manoeuvre pour engager des réformes avant les élections européennes de l'an prochain.

"L'Espagne doit faire avancer les choses maintenant. Après les élections européennes, le débat ne portera pas sur 'plus d'Europe', ce sera le contraire. Il y a aura moins de solidarité européenne", explique-t-il.

Les derniers sondages d'opinion montrent que la popularité du Parti populaire de Mariano Rajoy a chuté de dix points depuis l'arrivée au pouvoir de ce dernier en novembre 2011. Une désaffection qui ne profite pas au Parti socialiste mais plutôt aux petits partis plus radicaux.

Plus de 68% des Espagnols ont une opinion défavorable ou très défavorable du gouvernement.

Marc Angrand pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief

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