En Espagne, Ciudadanos contre tout gouvernement intégrant Podemos

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    MADRID, 25 janvier (Reuters) - Le parti centriste 
Ciudadanos, nouveau venu au Parlement espagnol, a prévenu lundi 
qu'il s'opposerait à toute formule de gouvernement intégrant le 
parti de la gauche anti-austérité Podemos. 
    La mise au point d'Albert Rivera complique encore la 
recherche d'une alliance de gouvernement. Les élections 
législatives du 20 décembre ont accouché d'un Parlement éclaté, 
où aucun parti ne dispose de la majorité absolue et aucune 
combinaison évidente ne semble émerger. 
    Le Parti populaire (PP, droite) du gouvernement sortant de 
Mariano Rajoy est arrivé en tête, mais avec 123 élus, il a perdu 
sa majorité absolue (dont le seuil est fixé à 176 élus). Les 
socialistes du PSOE, également en recul, comptent 90 députés. 
Suivent les 69 élus de Podemos, les 40 de Ciudadanos et 
plusieurs petits partis, dont les ex-communistes d'Izquierda 
Unida et les formations nationalistes catalane et basque. 
    "Nous ne voulons pas mettre l'économie espagnole entre les 
mains de Podemos, qui suit les modèles de la Grèce et du 
Venezuela", a déclaré Albert Rivera lors d'une conférence de 
presse, précisant qu'il n'appellerait pas ses élus à s'abstenir 
si un gouvernement associant le PSOE et Podemos demandait la 
confiance du Parlement. 
    Il dénonce aussi le soutien de Podemos à la tenue d'un 
référendum d'autodétermination en Catalogne, qui menace, dit-il, 
l'unité et l'économie espagnoles. 
    "L'Espagne a besoin d'un changement pour le mieux, pas pour 
le pire", a poursuivi Rivera, qui prône une "grande coalition" 
associant le PP, le PSOE et sa formation libéral-centriste. 
    Sans le soutien de Ciudadanos, le dirigeant socialiste Pedro 
Sanchez devrait conclure des pactes avec plusieurs partis 
nationalistes et indépendantistes du Pays basque et de Catalogne 
pour réunir, avec l'appoint de Podemos, la majorité absolue. 
Mais il pourrait alors se heurter à des résistances au sein même 
de son PSOE. 
    De son côté, Mariano Rajoy a annoncé vendredi qu'il 
renonçait pour le moment à tenter de former un gouvernement et 
d'obtenir la confiance du parlement. 
    Le roi Felipe VI doit ouvrir mercredi un nouveau cycle de 
consultations avec les chefs de parti. 
 
 (Angus Berwick et Blanca Rodríguez; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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