En dépit des apparences, la crise migratoire s'accroît en Europe

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    * Les arrivées de migrants en hausse de 15% sur 2015 
    * Les décès sont en augmentation : http://tmsnrt.rs/2aye4eL 
    * La crise n'est pas résolue mais elle est devenue invisible 
 
    par Michele Kambas et Antonio Bronic 
    ATHENES/ZAGREB, 10 août (Reuters) - Un an après l'entrée de 
centaines de milliers de réfugiés dans le sud-est de l'Europe, 
la route des Balkans est désormais déserte, donnant l'impression 
que la tragédie humanitaire a pris fin en disparaissant des 
écrans de télévision du monde entier,  
    Pourtant, la crise migratoire en Europe s'est aggravée par 
rapport à l'année dernière. Au moins d'un point de vue 
numérique. Plus de personnes entrent illégalement en Europe et 
le nombre de ceux qui meurent en chemin est plus élevé. Mais, 
contrairement à ce qui s'est passé en 2015, l'essentiel de ce 
qui se passe n'est pas visible. 
    Ainsi à Idomeni, à la frontière entre la Grèce et la 
Macédoine, les cultures estivales ont remplacé les tentes des 
réfugiés. L'an dernier, des milliers de migrants avaient été 
bloqués dans ce village minuscule, attendant l'ouverture de la 
frontière pour rejoindre l'Allemagne ou d'autres riches pays 
européens. 
    Ailleurs dans les Balkans, un photographe de Reuters, 
retournant sur les lieux où lui et ses collègues avaient 
photographié et filmé des milliers de réfugiés l'an dernier, a 
trouvé des routes désertes, des voies ferrées vides et une 
campagne bucolique. 
    Le contraste est flagrant, comme on peut le voir sur ses 
images: http://reut.rs/2aLGrXM 
    En 2015, plus d'un million de personnes ont fui les conflits 
en Syrie, en Irak et en Afghanistan pour l'Europe. La majorité 
d'entre eux ont emprunté le corridor maritime séparant la Grèce 
de la Turquie. 
    Avec la fermeture des frontières et la tentative de l'Union 
européenne de stopper l'arrivée des migrants, des milliers 
d'entre eux sont désormais bloqués dans des centres en Grèce et 
en Italie. Là-bas, ils sont désormais moins visibles, tout comme 
les nouveaux réfugiés qui gagnent encore l'Europe. 
     
    PLUS D'ARRIVÉES, PLUS DE NOYADES 
    Selon les données de l'Organisation internationale pour les 
migrations (OIM), les entrées sur le sol européen ont augmenté 
de 17% par rapport à l'année dernière, avec un pic des arrivées 
en Grèce début 2016. 
    Le nombre de morts, causées pour la plupart par des noyades, 
a augmenté de 15%. 
    Pour David Miliband, ancien ministre britannique des 
Affaires étrangères qui dirige désormais le Comité international 
de secours (IRC), une association fondée par Albert Einstein, la 
crise migratoire n'est pas "un mauvais moment à passer". 
    "Les forces qui poussent de plus en plus de personnes à 
quitter leurs domiciles - des Etats faibles, des soubresauts 
importants dans le monde musulman, un système international 
divisé (...) Aucune de ces choses n'est près de se calmer", a 
déclaré l'ancien ministre. 
    Plus de 140.000 demandeurs d'asile sont hébergés dans des 
refuges en Italie, soit sept fois plus qu'en 2013, après un 
nouvel afflux de migrants venus d'Afrique du nord. 
    En Grèce, où les arrivées ont chuté après l'accord conclu 
entre l'UE et la Turquie en mars, 57.000 migrants étaient 
toujours bloqués dans le pays selon les chiffres arrêtés au 8 
août.  
    "En déplaçant la responsabilité vers la Turquie et la Grèce, 
les gouvernements européens sont fondamentalement en train de 
dire : 'nous avons résolu la crise car nous ne la voyons pas et 
nous ne la sentons pas et nous ne l'entendons pas'", a estimé la 
directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Europe, Gauri 
van Gulik, ajoutant que la crise migratoire était aussi 
importante qu'avant. 
    Des données de l'OIM montrent en effet que 258.186 personnes 
étaient entrées en Europe à la fin juillet, comparé à 219.854 
personnes sur la même période de 2015. Cette année, au 7 août, 
3.176 décès avaient été comptabilisés, surpassant les 2.754 
morts des huit premiers mois de l'année 2015. 
 
 (Laura Martin pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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