En Corée du Nord, Kim Jong-un appelle à la "victoire finale"

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PREMIER DISCOURS PUBLIC DE KIM JONG-UN À PYONGYANG
PREMIER DISCOURS PUBLIC DE KIM JONG-UN À PYONGYANG

par Maxim Duncan

PYONGYANG (Reuters) - Kim Jong-un, le nouveau dirigeant de la Corée du Nord, a prononcé dimanche son premier discours public appelant ses compatriotes à se mobiliser pour "la victoire finale" à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, le fondateur du pays.

Vêtu de noir, le jeune homme âgé d'une vingtaine d'années a assisté à une parade militaire sur la place centrale de Pyongyang et a lu d'une voix monotone son discours.

Kim Jong-un a rendu hommage à son grand-père Kim Il-sung et à son père Kim Jong-il qui ont dirigé le pays avant lui, les qualifiant de "fondateur et de bâtisseur de nos forces armées révolutionnaires".

Le jeune homme, qui serait né en janvier 1983, a succédé à son père à la tête de la Corée du Nord le 30 décembre dernier à la mort de ce dernier.

"Avançons vers la victoire finale", a lancé le dirigeant devant des dizaines de milliers de soldats et de civils qui ont applaudi son discours d'une vingtaine de minutes.

Cette première allocution publique a confirmé que Kim Jong-un entend marcher dans les pas de ses prédécesseurs en conservant une politique qui place l'armée forte de 1,2 million de soldats au rang de priorité nationale.

Cette apparition constitue toutefois une nouveauté après des années de silence observées par Kim Jong-il quand il présidait à de telles manifestations orchestrées.

La déclaration de Kim Jong-un intervient après l'échec, vendredi, du tir d'une fusée Unha-3 qui avait été à l'origine d'un fort mécontentement de la communauté internationale et avait provoqué une mise en garde de la Chine, l'un des rares alliés de Pyongyang.

La Corée du Nord chercherait à se doter de l'arme nucléaire ainsi que des missiles balistiques intercontinentaux qui lui permettraient de menacer directement le territoire américain.

SUIVRE L'EXEMPLE DU PÈRE

Les spécialistes estiment que le jeune homme n'a pas vraiment d'autre solution que celle de suivre l'exemple donné par son grand-père et par son père.

"Pour Kim Jong-un, ouvrir la Corée du Nord signifierait la fin d'un système que son grand-père et son père ont entretenu", explique Virginie Grzelczyk de l'université Nottingham Trent en Grande-Bretagne.

"Kim Jong-un a peu de chance de perdre le pouvoir sur l'échec du lancement de la fusée car l'élite et l'armée ont besoin de sa présence dont la légitimité et le caractère mythique aident à pacifier la population nord-coréenne", précise-t-elle.

Isolée sur la scène internationale, visée par des sanctions économiques, la Corée du Nord compte 23 millions d'habitants pour une production évaluée à 40 milliards de dollars par la CIA. A titre de comparaison, l'économie de la Corée du Sud pèse 1.500 milliards de dollars.

Cette faiblesse économique signifie que le développement ne peut pas être une véritable option pour le pouvoir en place et que Kim Jong-un n'a d'autre choix que de continuer à entretenir des ambitions militaires.

"Sur le plan international, ils doivent maintenant pratiquer un essai nucléaire souterrain juste pour montrer qu'il faut les prendre au sérieux", note Andre Lankov, spécialiste de la Corée du Nord à l'Université Kookmin de Corée du Sud.

En 2009, Pyongyang avait également subi un échec en tentant de lancer une missile à longue portée et avait immédiatement après procédé à un essai nucléaire pour effacer ce revers.

La Corée du Nord revendique une croissance de 2% de sa production industrielle en 2011 mais selon les chiffres des Nations unies, son économie est au niveau qui était le sien il y a 20 ans après avoir été dévasté par la famine dans les années 90.

Le centième anniversaire de la naissance de Kim Il-sung était censé présenter l'image d'une nation "forte et prospère".

Pierre Sérisier pour le service français

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  • 2445joye le dimanche 15 avr 2012 à 11:34

    Comme la lutte du même nom, que chante sempiternellement les sympathisants de Mélenchon. Depuis 90 ans.