En Chine, relance du débat sur la rééducation par le travail:
Même le très officiel Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois (PCC), est indigné. La peine d'un an et demi de rééducation par le travail infligée à une mère de famille, mécontente du verdict frappant ceux qui avaient violé et forcé à la prostitution sa fille, soulève une vague de protestations en Chine, à la fois dans les médias officiels et sur les réseaux sociaux. Et relance le débat sur la suppression de cette peine administrative datant de 1957 et héritée du "grand frère" soviétique.
Depuis octobre 2006, date de l'enlèvement de sa fille âgée alors de 11 ans, Tang Hui, une habitante de Yongzhou, ville moyenne de 5,1 millions d'habitants dans la province méridionale du Hunan, n'a eu de cesse d'obtenir justice. Confrontée à l'indifférence des autorités locales, elle a mené sa propre enquête. L'un des responsables de l'investigation était lié au patron du bordel où était séquestrée sa fille. Malgré tout, elle finira par mobiliser la justice.
Au total, sept personnes seront jugées : deux ont été condamnées à mort, les autres se sont vu infliger des peines de prison. En mars 2011 s'est ouvert le procès en appel devant la Haute Cour de la province du Hunan. Mais Tang Hui regrette que le tribunal évite soigneusement de mettre en lumière les protections dont bénéficiait le patron du bordel. Et elle estime que tous doivent être condamnés à mort. Pour se faire entendre pendant le procès, qui s'est achevé en juin, elle mène des opérations "coups de poing" dans différents lieux de pouvoir, criant, pleurant, réclamant justice à genoux.
PAS NÉCESSAIRE DE PASSER DEVANT UN JUGE
Elle n'hésite pas ainsi à occuper pendant quinze jours un lieu d'accueil du public pour l'enregistrement des plaintes au tribunal intermédiaire de Yongzhou, ou à se coucher devant les voitures de cadres locaux. Pour la police, c'en ...
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