En Chine, les pressions déflationnistes persistent

le
0
    par Nathaniel Taplin et Xiaoyi Shao 
    SHANGHAI/PEKIN, 18 février (Reuters) - La hausse des prix à 
la consommation en Chine a atteint en janvier son plus haut 
niveau en cinq mois avec l'augmentation des prix alimentaires 
mais les prix à la production ont reculé pour le 47e mois 
d'affilée, de par la faiblesse de la demande et la chute des 
cours des matières premières.  
    L'indice des prix à la consommation a augmenté de 1,8% en 
rythme annuel après +1,6% en décembre, a annoncé jeudi le Bureau 
national de la statistique.  
    Mais cette accélération, légèrement plus faible qu'attendu, 
s'explique principalement par un bond saisonnier de 4,1% des 
prix alimentaires avant les longues festivités du nouvel an 
lunaire, et, pour les analystes, il ne doit pas être perçu comme 
le signe d'une amélioration tangible de l'activité économique et 
de la demande des consommateurs.  
    De fait, l'inflation non-alimentaire est restée contenue à 
1,2% sur un an en janvier. 
    Le détail des statistiques montre aussi de nouveaux signes 
de tensions sur les entreprises chinoises, notamment dans le 
secteur minier, le ralentissement de la demande et la 
concurrence favorisant la baisse continue des prix de vente. 
    L'indice des prix à la production a ainsi chuté de 5,3% le 
mois dernier par rapport à janvier 2015, après -5,9% en 
décembre.  
    Les prix à la production sont désormais en recul depuis près 
de quatre ans, la baisse des cours des matières premières se 
conjuguant à la faiblesse de la demande intérieure et extérieure 
ainsi qu'aux surcapacités dans plusieurs secteurs, dont la 
sidérurgie et l'énergie.  
    Les bénéfices du secteur industriel ont diminué en décembre 
pour le septième mois consécutif et affichent sur l'ensemble de 
2015 un recul de 2,3%.  
     
    L'ASSOUPLISSEMENT DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE VOUÉ À CONTINUER 
    La multiplication des signes déflationnistes continue donc 
d'alimenter les spéculations sur l'adoption cette année de 
nouvelles mesures de soutien par le gouvernement et la banque 
centrale. 
    "Les chiffres soulignent la faiblesse persistante de 
l'économie, ce qui crée une marge de manoeuvre pour un 
assouplissement accru de la politique monétaire", dit ainsi Zhao 
Yang, chef économiste Chine de Nomura. 
    La banque japonaise s'attend à quatre baisses du taux des 
réserves obligatoires cette année, de 50 points de base chacune, 
et à deux réductions des taux d'intérêt.  
    "Globalement, la Chine sera probablement confrontée jusqu'à 
la fin de l'année à de fortes tensions déflationnistes", 
renchérissent les économistes d'ANZ. 
    "En plus du risque de déflation, la Chine est restée 
confrontée à janvier à des sorties de capitaux et les réserves 
de change ont encore diminué. De ce fait, nous pensons qu'un 
nouvel assouplissement de la politique monétaire reste 
nécessaire." 
    Plusieurs responsables de la Banque populaire de Chine (BPC) 
ont toutefois mis en garde récemment contre les inconvénients 
d'un assouplissement monétaire, dont celui d'une incitation 
supplémentaire aux sorties de capitaux et d'une pression accrue 
sur le yuan.  
    La banque centrale a réduit ses taux à six reprises depuis 
novembre 2014 et le niveau des réserves obligatoires à plusieurs 
occasions mais s'est abstenue de toute nouvelle initiative en la 
matière depuis octobre, privilégiant les injections de 
liquidités à court terme sur le marché monétaire.    
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant