En Chine, la pollution brouille les prix du marché immobilier

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Les jeunes familles chinoises partent vers les campagnes, où l'air est plus pur.

Le dioxyde de carbone va-t-il faire exploser cette fameuse bulle immobilière parfois redoutée dans les mégapoles chinoises ultrapolluées? En effet, plus encore que les constructions vides, le départ des jeunes familles chinoises vers les campagnes, où l'air est plus pur, est désormais perceptible. La tendance est là, et l'on constate aussi un tassement du prix des maisons dans certaines villes très polluées, sans que les experts ne sachent l'attribuer à la conjoncture économique ou aux pots d'échappement et au charbon (65 % de l'énergie). En attendant d'y voir plus clair, les Chinois très aisés s'offrent des appartements dans des stations balnéaires où le climat est plus sain. Sana, dans l'île du Haïnan, à trois heures d'avion de Shanghaï, est l'un de ces endroits de rêve où l'immobilier profite de la pollution citadine. Ce petit paradis, décrit comme le Hawaï chinois, attire de plus en plus: «Qu'est-ce que les gens riches craignent le plus? C'est la mort!», explique un rien cynique un agent immobilier à l'agence Bloomberg pour expliquer cet engouement, précisant que, jusque-là, les clients cherchaient seulement un bon investissement.

Le prix des maisons a progressé de près de la moitié depuis 2012, au lendemain d'un crash immobilier et atteint aisément 325.000 dollars (soit 235.000 euros) pour 100 mètres carrés. La tendance ne s'inversera pas de sitôt. La pollution à Pékin dépasse souvent les niveaux tolérés par l'Organisation mondiale de la santé ; en 2013, l'air de Pékin a été pollué pendant 183 jours. Et si l'immobilier est encore prisé, un rideau de fumée ne suffira pas à masquer cet exode vers l'air pur.

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