En Bretagne, l'écotaxe poids lourds suscite aussi la colère

le
2
La mise en place de l'écotaxte sur les poids lourds a cristallisé les inquiétudes du monde agricole.

C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase en Bretagne. L'écotaxe poids lourds, qui sera mise en place le 1er janvier, est en effet pénalisante pour cette région excentrée et ne disposant pas d'autoroutes payantes (l'A84 est gratuite). Elle devra être acquittée par les véhicules de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur les autoroutes et routes nationales non payantes et certaines départementales. Son objectif: inciter les entreprises à basculer vers des transports plus écologiques.

«La Bretagne est une région périphérique, où les distances pèsent plus lourd qu'ailleurs», a reconnu Jean-Marc Ayrault, à l'issue d'une réunion de crise. Mais les transporteurs, acteurs économiques et syndicats agricoles bretons qui ont manifesté pour exiger la disparition de l'écotaxe, n'ont pour l'instant rien obtenu de nouveau. Le premier ministre a toutefois assuré que la question serait «traitée avec la plus grande attention» et demandé au préfet de région d'étudier «tous les impacts de la mise en ½uvre de l'écotaxe sur la situation des entreprises et l'activité économique». Matignon a rappelé que l'État a déjà «accordé une réduction de 50 % du montant de l'écotaxe et exclu du réseau taxé la route nationale 164, arc vital de la région». Enfin, les véhicules affectés à la collecte du lait et les agricoles sont exonérés.

1,15 milliard de recettes

Élaborée en 2009 lors du Grenelle de l'environnement, l'écotaxe n'a cessé d'être décalée pour des raisons juridiques et techniques. Calculé en fonction des kilomètres parcourus, son barème dépend de la taille du camion et du niveau d'émissions polluantes. Elle doit rapporter 1,15 milliard par an. La part revenant à l'État - 750 millions - sera versée à l'agence qui finance les infrastructures de transport, l'AFITF, surtout pour des projets de voies ferroviaires et fluviales. 150 millions seront attribués aux collectivités et 250 millions serviront à la gestion du système. Des portiques électroniques (3 ont été vandalisés par des manifestants bretons) seront installés tous les 4 km. Ils se déclencheront lors du passage de 600.000 poids lourds français, qui doivent s'équiper de boîtiers GPS.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • lorant21 le jeudi 17 oct 2013 à 11:39

    Après la taxe à l'essieu, l'écotaxe, bientôt la taxe carbone.

  • d.jousse le mercredi 16 oct 2013 à 20:12

    Le gouvernement à force de vouloir se gaver sur le dos de ceux qui bossent va finir par s'en prendre plein la tête.