En Bretagne, il se lance le défi d'habiter un phare hanté

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Le phare de Tévennec, inhabité depuis 1910 est le théâtre de légendes lugubres. Pourtant, un retraité a décidé d’y séjourner deux mois dès la mi-octobre. Objectif : réunir les sommes nécessaires à sa réhabilitation.

Des hurlements, des morts tragiques et un phare isolé, inhabité depuis 1910. Tous les ingrédients d’un bon film d’horreur sont bel et bien réunis, au nord de la pointe du Raz, en Bretagne. Dès l’automne prochain, Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises a pourtant décidé d’emménager dans la phare de Tévennec pendant 60 jours à l’occasion de son 140e anniversaire pour tenter de réunir les fonds nécessaires à sa rénovation. Un défi de taille.

«Le phare de Tévennec est mondialement connu, c’est l’un des lieux maritimes les plus dangereux au monde», explique au Figaro Immobilier ce passionné des phares. «C’est un endroit extraordinaire», «un des hauts lieux du patrimoine maritime breton». Le projet de l’association? Créer une résidence d’artistes: «Le lieu est propice à la méditation ; les conditions, quasi-mystiques, pourraient favoriser l’inspiration des artistes», assure Marc Pointud.

Et pour cause, Tévennec est le seul phare hanté de France. La légende est même aussi noire qu’un ciel breton par temps d’orage. L’«Ankou», cette silhouette en robe noire armée d’une faux inversée incarnant la mort roderait sur l’îlot rocheux. Depuis la construction de la maison-phare en 1874, les morts tragiques s’y seraient succédées.Certains gardiens y seraient devenus fous, d’autres y auraient même péri après avoir entendu des voix glaçantes murmurer «Kers cuit, kers cuit... Ama ma ma flag» (Va-t’en, va-t’en, ici, c’est ma place). Seul un couple, résidant dans le phare de 1900 à 1905 avec quatre enfants, une vache et un cochon, échappe à la prophétie. Mais le gardien suivant est découpé en morceau par son épouse. Lassée, l’administration des Ponts et Chaussées renonce en 1910 à faire garder Tévennec, qui devient le premier phare automatisé de France.

«Lumière sur Tévennec»

Inhabité depuis 105 ans, la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises compte pourtant rénover entièrement l’édifice. En 2011, elle reçoit même la seule autorisation de rénovation délivrée pour un phare en pleine mer, sans toutefois percevoir la moindre aide financière de l’État. Pour réunir la somme nécessaire, Marc Pointud, le président de l’association, résidera donc sur le phare en solitaire au mois d’octobre et novembre prochains. «Nous menons l’opération «Lumière sur Tévennec» pour attirer l’attention des mécènes», explique Marc Pointud. Car l’opération est coûteuse: «Rien qu’un aller-retour en zodiac coûte près de 200 euros», précise le président de l’association.

Grâce aux fonds déjà récoltés via Mymajorcompany, l’association a pu acheter un zodiac et faire quelques allers-retours. «Nous ne pourrons réussir sans l’aide d’un hélicoptère de la marine nationale tant la mer est dangereuse à l’automne», précise toutefois le président de l’association, qui attend une réponse du ministère de la Défense. Ce retraité de 67 ans est enhardi par son défi, et rien ne semble lui faire peur, pas même la présence d’un fantôme. «Si je vois un fantôme? Je l’invite à boire un coup!», plaisante-t-il. Début de l’aventure? «Entre le 15 et le 20 octobre», promet Marc Pointud.

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  • mcarre1 le jeudi 24 sept 2015 à 18:59

    «Si je vois un fantôme? Je l’invite à boire un coup!», ben oui, comme ça le fantôme fera partie de la famille parce que ça crée des liens, des liens de phare hanté.