En Birmanie, le viol est devenu une arme de guerre 

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Dans l'État chan, des milliers de femmes issues des minorités ethniques sont victimes de violences sexuelles commises par des soldats.

C'est une enfant au visage aussi doux que pâle, aux yeux d'une tristesse infinie. Elle rêve de son paradis perdu où les rats d'eau courent sur la berge, les grillons conversent dans les rizières et où l'on prie à la lueur d'une bougie. Une contrée où les cailloux sont des talismans. «Quand une peur terrible nous envahit, que notre c½ur bat à tout rompre, nous mettons une pierre dans la poche», explique Nang Hla dans un filet de voix. Au creux de sa main: la dérisoire amulette dont elle ne se sépare plus depuis que l'armée birmane a attaqué Hwe Hsim, son village du sud de l'État chan.

Elle tente de dire l'horreur de cette nuit de novembre 2010, les soldats birmans qui meurtrissent et saccagent, ses parents abattus d'une décharge dans la poitrine, sa mère rampant dans son sang. Chaque phrase s'éteint dans sa gorge. Du soudard qui l'a traînée à l'écart du chemin, l'a violée, a recommencé au camp, continué le lendemain, elle se souvient de la crasse noirâtr

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