En Argentine, la police traque aussi les mouettes

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L'abattage des mouettes, fussent-elles agressives envers les baleines, n'est pas du goût des associations de protection de l'environnement
L'abattage des mouettes, fussent-elles agressives envers les baleines, n'est pas du goût des associations de protection de l'environnement
L'objectif ? Aider à la sauvegarde des baleines



Mouettes et goélands ont en effet la fâcheuse habitude de « picorer » les cétacés, déjà chassés par l'Islande, le Japon et la Norvège, dont il faut rappeler qu'ils contournent le moratoire commercial institué en 1986 par la risible CBI (Commission baleinière internationale) en invoquant des motifs scientifiques. La situation est toute autre dans les eaux territoriales argentines, où ce sont surtout les volatiles qui s'en prennent à eux en arrachant leur peau à coups de bec et de griffes pour se nourrir.

Une situation qui n'a pas échappé aux autorités municipales de Puerto Madryn - une ville située sur la côte de la Patagonie dans laquelle l'observation des cétacés est une activité touristique de premier plan -, qui ont décidé d'autoriser la police à tirer à vue sur les mouettes et les goélands pris en flagrant délit d'attaque de baleines franches australes (Eubalaena australis de leur nom scientifique). Preuve supplémentaire de leur détermination à protéger l'espèce : les policiers pourront également naviguer sur des bateaux patrouilleurs.

Radicale et approuvée par le gouvernement de Chubut, la mesure ne consiste pas seulement à protéger la biodiversité, les touristes étant eux aussi potentiellement exposés à l'agressivité des oiseaux. Elle dérange toutefois les associations de protection de l'environnement, qui imputent les appétences des volatiles à l'Homme, incapable selon elles de mener une gestion efficace de l'afflux des déchets, lesquels favoriseraient la propagation des mouettes et des goélands.


Le développement durable d'abord, disent les écologistes

Autorités municipales et défenseurs de la planète conviennent néanmoins d'un changement préoccupant des habitudes des oiseaux depuis une décennie. Celui-ci constitue une menace bien réelle pour les baleines, prises pour cible dans un de leurs principaux lieux d'accouchement et sur lesquelles des plaies ouvertes ont été observées.

« Ce mode d'alimentation est devenu une habitude. Il nous inquiète vraiment parce que les dégâts perpétrés sur les cétacés sont de plus en plus importants, en particulier sur les bébés baleines qui naissent dans ces eaux », corrobore Marcelo Bertellotti, qui travaille pour le Centre national de la Patagonie (NDLR : Un organisme de conservation parrainé par le gouvernement), cité par nos confrères du Guardian.

Ce dernier soutient que la meilleure solution est de tirer sur les mouettes et les goélands au comportement belliqueux à la carabine à air comprimé ou au fusil de chasse. Les écologistes, eux, plaident pour la fermeture des décharges à ciel ouvert installées à proximité de la zone ainsi que pour l'arrêt des activités de pêche. Ministre de l'Environnement du gouvernement de Chubut également cité par le quotidien britannique sur son site Internet, Eduardo Maza reconnaît quant à lui que l'abattage des oiseaux n'est pas la panacée, « mais il faut bien faire quelque chose pour contrôler une situation qui s'est développée après plusieurs années d'inaction ».

« En fin d'année, nous allons inaugurer la séparation des déchets végétaux. Tous les rebuts dans la zone protégée de la Péninsule Valdes qui ne sont pas recyclables seront correctement éliminés, ce qui permettra de réduire le nombre de dépotoirs à ciel ouvert », a-t-il poursuivi. Enfin se conformer aux standards du développement durable pourrait il est vrai éviter bien des problèmes aux baleines.
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