En 2013, la France versera 55 mds par an pour sa dette 

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La charge de la dette va progresser de pratiquement 3 milliards dès l'an prochain.

Dix milliards de plus en trois ans ! Entre 2011 et 2013, la charge de la dette - c'est-à-dire le montant des intérêts versés par la France aux investisseurs qui lui prêtent de l'argent - passera de 45,4 milliards d'euros à plus de 55 milliards. Dans deux ans, l'État consacrera donc presque autant d'argent pour financer ses déficits accumulés au cours des trois dernières décennies que pour l'Éducation nationale… Cette envolée spectaculaire de la charge de la dette - qui va progresser de pratiquement 3 milliards dès l'an prochain - s'explique essentiellement par un effet de volume : depuis la mi-2008, la dette s'est accrue de 230 milliards d'euros, portant à 82,9 % du PIB le taux d'endettement prévu à la fin de l'année.

Cet effet volume a toutefois été en partie compensé par le fait que la France bénéficie pleinement de son statut de «AAA», c'est-à-dire d'État figurant parmi les mieux notés au monde. Cela lui permet d'emprunter à des taux historiquement bas. Depuis le début de l'année, l'État a émis ses obligations d'une durée supérieure à 2 ans à un taux moyen de 2,56 % ! En 2009, ce taux moyen était de 2,95 % et il s'établissait à 4,13 % en 2008. Cet effet taux a permis à Bercy d'économiser pratiquement 2 milliards cette année.

 

Rassurer les marchés 

 

L'an prochain, l'Agence France Trésor (AFT), chargée d'émettre de la dette pour le compte de la nation, prévoit d'emprunter 186 milliards d'euros à moyen-long terme. Un montant légèrement inférieur aux 188 milliards qui devraient être émis sur l'ensemble de 2010. Cet écart n'est pas neutre : les équipes du Trésor, à Bercy, ont tout fait pour que le chiffre d'émission soit plus faible en 2011 qu'en 2010, afin d'envoyer un signal rassurant aux marchés. C'est la raison pour laquelle le déficit budgétaire a été fixé à 92 milliards pour l'année prochaine.

Derrière ce principe, c'est surtout la compétition avec l'Allemagne qui est dans toutes les têtes. Paris ne veut absolument pas se laisser décrocher par Berlin. Christine Lagarde y a fait référence mercredi : «Quand on regarde l'évolution des “spreads” (écart de taux d'intérêt, NDLR) français rapportés à l'Allemagne, on est aujourd'hui à peu près à 30-35 points de base, alors qu'en juin on avait atteint 55 points de base», a dit Christine Lagarde. La ministre de l'Économie s'est montrée très claire : «Nous n'avons pas l'intention d'y retourner.»

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