Emmanuel Macron veut réformer et débattre des réformes

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EMMANUEL MACRON DIT VOULOIR ALLER PLUS LOIN DANS LES RÉFORMES
EMMANUEL MACRON DIT VOULOIR ALLER PLUS LOIN DANS LES RÉFORMES

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a demandé vendredi d'exploiter les 18 mois d'ici l'élection présidentielle pour "aller plus loin dans les réformes" et d'engager des débats pour "pour essayer de réformer en profondeur certains aspects de notre vie économique."

Le ministre de l'Economie, qui présentait ses voeux à la presse, a justifié en outre le choix fait de ne pas porter une deuxième loi sur la croissance et l'activité par le fait que, après les arbitrages réalisés à Matignon et l'Elysée, elle n'aurait pas été plus ambitieuse que la loi Macron 1.

"Je pense qu'on peut encore faire beaucoup de choses" d'ici 2017, a-t-il dit. "Considérer que nous pourrions avoir le luxe de nous arrêter pour nous projeter dans d'autres théâtres me paraît inadapté. Nous devons continuer à agir", a-t-il ajouté dans une allusion à l'échéance de la présidentielle.

Emmanuel Macron a réitéré qu'il fallait aller encore plus loin dans les réformes "pour donner de la flexibilité et de la visibilité aux acteurs économiques."

"L'emploi, jusqu'à preuve du contraire, ne se crée pas par décret. Il se crée par des acteurs économiques opérationnels qui opèrent dans un cadre ouvert et international et donc qui comparent", a-t-il indiqué.

Stigmatisé à gauche pour ses prises de position sur des sujets comme les 35 heures, l'assurance chômage ou le statut des fonctionnaires, qui lui ont valu des critiques à peine voilées du Premier ministre Manuel Valls, le ministre estime qu'il faut saisir l'occasion de la présidentielle pour débattre.

"Je pense qu'on peut aussi installer des débats sur des sujets de réformes (...) qui doivent faire l'objet d'un vrai choix démocratique au moment de la présidentielle à venir", a-t-il dit.

UN PROJET MOINS AMBITIEUX APRÈS ARBITRAGE

Il doit s'agir, selon lui de "débats en profondeur sur des sujets économiques, sociaux et autres pour essayer de réformer en profondeur certains aspects de notre vie économique".

A propos du projet de loi Macron 2 dit de "nouvelles opportunités économiques", il a déclaré qu'il avait décidé lui-même d'y renoncer pour en rattacher le contenu à des textes qui seront défendus par ses collègues Michel Sapin (Finances), Myriam El Khomri (Travail) et Axelle Lemaire (Economie numérique).

Mais alors que son premier texte est passé aux forceps, le risque d'un nouveau recours à l'article 49-3 à l'Assemblée nationale pour le faire adopter est une des raisons qui aurait poussé la tête de l'exécutif à ne pas vouloir répéter cet exercice.

Le ministre de l'Economie a clairement indiqué aussi que les arbitrages avaient réduit la portée de son second projet qui devait traiter de plusieurs sujets, comme le financement des entreprises innovantes, le marché du travail, la mobilité, l'entrepreneuriat individuel et l'accès à certaines professions pour les jeunes sans qualification.

"L'idée de porter un deuxième texte qui avait été faite par le président de la République (le 14 juillet dernier-NDLR) ne se justifiait que si le deuxième texte d'abord était plus ambitieux que le premier que j'ai porté, ce qui, compte tenu des arbitrages que nous avons faits, n'était plus le cas, et d'autre part que si on pouvait dégager de l'espace parlementaire", a-t-il dit.

"Compte tenu des dispositions préarbitrées (...) cela justifiait pleinement qu'on procède ainsi. C'est plus rapide et c'est plus efficace", a-t-il dit de la découpe de son projet.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • M1736621 il y a 10 mois

    Je détricote, tu détricotes, il...