Emmanuel Macron pose les fondations de sa politique du logement

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Le candidat à la présidentielle, pense qu’il est temps de mettre fin à des dispositifs nationaux de type PTZ ou Pinel au profit d’aides ciblées géographiquement. Il veut faciliter la mobilité et la rénovation énergétique pour les budgets modestes. Explications.

Quelques semaines après Nicolas Sarkozy, c’est Emmanuel Macron qui s’est plié à l’exercice de l’OrpiLab, le nouveau rendez-vous du réseau immobilier pour permettre aux candidats à l’élection présidentielle de préciser leurs positions sur ce sujet crucial. Face à un panel de Français, de spécialistes et de professionnels du secteur, le fondateur du mouvement En Marche a esquissé les grandes lignes de son programme pour mettre fin à la crise du logement.

Ses propositions sentent encore un peu le ciment et le plâtre frais, mais le gros œuvre est là et le candidat a promis qu’il détaillerait toutes ses mesures dans les jours et semaines qui viennent. Il a notamment évoqué la piste d’un nouveau bail, le «bail mobilité», limité à un an avec des droits plus restreints pour les locataires. Une formule qui donnerait accès au marché locatif à ceux qui ont du mal à s’y loger, les intérimaires ou ceux bénéficiant de CDD, tout en remettant sur le marché une partie des logements qui fuit vers des formules plus courtes, des locations touristiques de type Airbnb.

Les APL nourrissent l’inflation immobilière

«Nous avons besoin d’une politique de l’offre qui va débloquer la production de logements plutôt que de continuer à subventionner la demande» a martelé Emmanuel Macron. A raison de 40 milliards d’euros par an, la politique française du logement est plus chère et moins efficace que chez nos voisins. «On ne va pas continuer indéfiniment à financer 20 millions de ménages par les APL en nourrissant l’inflation immobilière», a-t-il précisé.

Le déblocage de la construction passerait notamment par un moratoire sur les normes qui ne cessent de s’empiler et surtout sur des actions géographiquement ciblées dans les bassins les plus tendus: l’Ile-de-France, l’axe Aix-Marseille et la région toulousaine en premier lieu. L’heure des grands dispositifs nationaux (de type PTZ ou Pinel, même s’ils n’ont pas été évoqués nommément) ou des objectifs nationaux de construction est révolue à en croire le candidat à la présidentielle.

Adepte de la modulation géographique de la politique du logement, Emmanuel Macron estime qu’on pourrait également moduler les frais de notaire pour répondre à d’autres besoins. Cela permettrait de limiter les freins à la mobilité et par exemple de soutenir des vendeurs ayant fait des efforts de rénovation énergétique en baissant ces frais spécifiquement pour eux. Cette mesure illustre d’ailleurs les deux autres axes de la politique du logement d’Emmanuel Macron: faciliter la mobilité (géographique, mais aussi dans le parc locatif ou vers la propriété) tout en rendant la rénovation énergétique accessible aux plus modestes.

Concilier efficacité et justice sociale

Dans un exercice d’équilibriste, Emmanuel Macron a voulu prouver que ses convictions libérales allaient de pair avec une fibre sociale. «Il ne s’agit pas d’avoir une politique hémiplégique, choisissant l’efficacité ou la justice sociale, il s’agit de concilier les deux.» Dans la lignée de cette réflexion, il n’a pas voulu condamner fermement l’encadrement des loyers. Tout en reconnaissant des «effets pervers» (affaiblissement de l’offre locative, fuite de certains investisseurs), il estime qu’il faut encore évaluer ses résultats. «C’est une mesure de justice sociale mais qui ne traite qu’un symptôme sans s’occuper des causes profondes du mal», a t-il tout de même reconnu.

Et pour incarner la modernité qui lui est chère, Emmanuel Macron pense qu’il est temps pour le logement de refléter les évolutions de la société et de s’adapter à une population plus mobile où le divorce ne cesse de progresser provoquant des décohabitations de plus en plus souvent accompagnées de gardes alternées. Des évolutions de société qui le poussent à s’interroger: «Si la propriété c’est un accès à l’immobilisme géographique et social, on peut questionner la fascination pour une société de propriétaires.» On est loin de la France de propriétaires prôné par son prédécesseur à l’OrpiLab, Nicolas Sarkozy.

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  • M4358281 il y a un mois

    Mesure Fillon..si loyer consenti inférieur au Marché. .exemption de la taxe foncière pour le propriétaire. .A creuser..

  • sibile il y a un mois

    qu'il supprime donc l'APL ... les pauvres iront coucher sous les ponts avec leurs gamins

  • frk987 il y a un mois

    L'APL un vrai sujet d'inflation des loyers.......

  • sibile il y a un mois

    bla bla bla ......