Emeute à Benghazi, l'ambassadeur américain en Libye tué

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L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN EN LIBYE ET TROIS AUTRES DIPLOMATES TUÉS À BENGHAZI
L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN EN LIBYE ET TROIS AUTRES DIPLOMATES TUÉS À BENGHAZI

par Hadeel Al Shalchi

BENGHAZI/LE CAIRE (Reuters) - L'ambassadeur des Etats-Unis en Libye et trois autres membres de la mission américaine ont été tués mardi soir à Benghazi, dans l'est du pays, lors de violentes manifestations contre une vidéo diffusée sur internet et jugée insultante pour le prophète Mahomet.

Les quatre hommes ont été tués après avoir quitté le consulat américain à Benghazi, pris d'assaut par les manifestants.

Deux d'entre eux ont péri dans une fusillade alors que des soldats américains tentaient de les évacuer d'une maison où ils s'étaient réfugiés, selon le vice-ministre libyen de l'Intérieur, Wanis al Charif. Les autres auraient été visés par des tirs de roquettes.

Le consulat américain de Benghazi, grande ville de l'Est libyen et berceau de l'insurrection contre Mouammar Kadhafi en 2011, a été pris d'assaut et incendié par des manifestants armés qui dénonçaient la diffusion sur internet d'une vidéo réalisée aux Etats-Unis et jugée blasphématoire par les musulmans.

L'ambassadeur Christopher Stevens et trois autres membres du personnel diplomatique américain ont été tués. Les corps des victimes doivent être transférés par avion à Tripoli.

L'attaque, selon un responsable des services de sécurité libyens, aurait été menée par Ansar al Charia, un groupe islamiste sunnite très présent à Benghazi. Selon des témoins, la foule qui attaquait le consulat comprenait également des miliciens tribaux.

EXCUSES LIBYENNES

Une violente manifestation contre cette vidéo a également eu lieu mardi soir devant l'ambassade des Etats-Unis au Caire. Des manifestants ont escaladé la façade du bâtiment et jeté à terre la bannière étoilée, qu'ils ont brûlée.

La vidéo controversée présente le prophète Mahomet comme un imbécile, un homme à femmes et un imposteur.

Barack Obama a condamné dans un communiqué l'"attaque scandaleuse" menée à Benghazi et a ordonné un renforcement des mesures de sécurité autour des représentations diplomatiques américaines à travers le monde.

Selon un responsable américain qui a requis l'anonymat, des "marines" vont être envoyés en Libye pour assurer la sécurité des intérêts américains.

Barack Obama a souligné que les Etats-Unis rejetaient toute attaque contre les croyances religieuses mais s'opposaient également à la "violence insensée" qui a été fatale aux diplomates américains.

Le président américain devait s'adresser aux journalistes à la Maison blanche à 10h35 (14h35 GMT).

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a déclaré que ce drame ne porterait pas atteinte à l'amitié américano-libyenne. Elle a imputé l'attaque à "un petit groupe de gens insensés".

Le président de l'Assemblée nationale libyenne a présenté des excuses aux Etats-Unis.

"Nous présentons nos excuses aux Etats-Unis, au peuple américain et au monde entier pour ce qui s'est passé", a dit Mohammed Magarief lors d'une conférence de presse retransmise en direct sur la chaîne de télévision Al Djazira.

Il a promis que les coupables seraient retrouvés et châtiés. "Personne n'échappera au châtiment", a-t-il dit.

"Les missions diplomatiques, les sociétés étrangères et les ressortissants étrangers en Libye sont sous la protection du pays et des forces de sécurité", a-t-il souligné.

LE RETOUR DU PASTEUR JONES

Le vice-Premier ministre libyen Moustafa Abou Chagour a dénoncé la "lâcheté" de l'attaque.

Le président afghan Hamid Karzaï a quant à lui dénoncé la nature "diabolique" de la vidéo et les autorités de Kaboul ont fermé le site internet YouTube qui la diffuse.

Au Liban, le groupe chiite Hezbollah a affirmé que la vidéo était une "agression" contre la foi et reflétait l'attitude de l'Occident envers l'islam.

Le Premier ministre égyptien, Hicham Kandil, a affirmé pour sa part que le gouvernement américain ne pouvait être blâmé pour la diffusion de la vidéo et a dénoncé l'attaque "injustifiable" de l'ambassade du Caire. "Les gens qui ont produit ce film minable n'ont aucun rapport avec le gouvernement des Etats-Unis", a-t-il dit.

Toujours en Egypte, l'Eglise copte orthodoxe a déploré dans un communiqué que certains de ses membres vivant à l'étranger, comme le rapportent les médias, aient pu financer "la production d'un film qui insulte le prophète Mahomet".

Le pasteur de Floride Terry Jones, qui avait soulevé la colère du monde islamique en 2010 en disant qu'il allait brûler des Corans en public, a annoncé qu'il avait participé à la diffusion de la vidéo, intitulée "L'innocence des musulmans" et qui aurait été produite par un promoteur israélo-américain.

Guy Kerivel pour le service français

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  • msglyon le mercredi 12 sept 2012 à 17:39

    une des conséquences de l’inconséquente décision de Fiaskozy d'envahir la Tunisie, point de départ du feu qui a fait explosé l’équilibre politique du proche orient et remet en cause la stabilité politique et surtout militaire de toute la région. C'est dans 5 ans, que l'on pourra tirer le vrai bilan de cette décision catastrophe de politique étrangère de Fiaskozy. Qui s'en vantait ouvertement. terrifiant ...