Emerson lance la cession de ses moteurs électriques-sources

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    * Le français Leroy-Somer, racheté en 1990, pourrait changer 
de mains 
    * Le dossier a déjà été présenté à des groupes 
asiatiques-sces 
    * Intérêt pour les moteurs d'Emerson aussi au Brésil et aux 
USA 
    * Une solution française peut-être politiquement plus 
aisée-sce 
    * Leroy-Somer fabrique des moteurs industriels et le moteur 
de l'E-Méhari 
 
    par Arno Schuetze et Sophie Sassard 
    FRANCFORT/LONDRES, 20 avril (Reuters) - Le groupe américain 
Emerson Electric  EMR.N , maison mère du français Leroy-Somer, 
lance le processus de cession de son activité de moteurs 
électriques et de transmissions, a appris Reuters de plusieurs 
sources au fait du dossier.  
    Ses conseils JPMorgan  JPM.N  et Centerview devraient 
envoyer les premiers documents d'information aux acheteurs 
potentiels d'ici juin. Des représentants de l'entreprise se sont 
rendus en Asie ces deux dernières semaines pour prospecter 
d'éventuels acquéreurs, ont ajouté deux des sources. 
    Le projet, annoncé l'été dernier, s'inscrit dans le cadre du 
recentrage d'Emerson sur ses activités d'automatisation 
industrielle et de solutions énergétiques et de climatisation, 
qui prévoit aussi la cession de ses systèmes électriques pour 
les centres de données, pour lesquels l'allemand Siemens 
 SIEGn.DE  a manifesté son intérêt.  
    Des concurrents tels que le brésilien WEG  WEGE3.SA , le 
japonais Nidec  6594.T , l'américain Regal Beloit  RBC.N  et les 
chinois Shanghai Electric  601727.SS , Harbin Electric  1133.HK  
et Wolong Electric  600580.SS  pourraient être intéressés par 
les moteurs électriques d'Emerson. 
    "Tout le monde va regarder, mais on ne sait pas si quelqu'un 
voudra y mettre de l'argent", a déclaré une des sources. 
    Une autre a ajouté que l'issue la plus probable était que la 
division aille à un fonds de private equity car elle a besoin 
d'une restructuration importante. 
    Comme ses concurrents, Emerson souffre de la hausse du 
dollar et de la baisse des cours du brut, qui pèsent sur les 
dépenses de ses clients. L'an dernier, il a dit s'attendre à ce 
que ses cessions - équivalant à un quart de son chiffre 
d'affaires de 20 milliards de dollars - soient quasi bouclées 
d'ici septembre 2016, tout en précisant qu'au final, il pourrait 
aussi décider de conserver certains actifs, comme la division 
"moteurs". 
     
    JUSQU'À $800 MLNS DE VALORISATION 
    Celle-ci inclut notamment le leader mondial des alternateurs 
industriels et systèmes d'entraînement, basé à Angoulême 
(Charente) et racheté par Emerson en 1990, ainsi que le 
britannique Control Techniques, spécialiste des systèmes 
d'entraînement pour l'industrie minière, les grues ou 
l'imprimerie, acquis quatre ans plus tard. 
    L'histoire de Leroy-Somer, fondé par Marcellin Leroy, 
remonte à 1919. La société comptait fin 2015 quelque 29 sites, 
dont 16 en France, et employait 7.900 personnes, dont plus de 
3.000 dans l'Hexagone. 
    "Une grande partie de l'actif est basé en France, ce qui 
détournera certains candidats car il est toujours difficile de 
restructurer une entreprise française", a indiqué une des 
sources. 
    Selon elle, une solution à la française pourrait alors être 
privilégiée avec la reprise de la société par un fonds 
d'investissement français. 
    Leroy-Somer est spécialisé dans les moteurs industriels mais 
fournit aussi des moteurs électriques pour des véhicules non 
thermiques, un secteur qui a actuellement le vent en poupe, 
notamment la Citroën E-Mehari fabriquée par PSA  PEUP.PA  à 
Rennes avec des batteries du groupe Bolloré  BOLL.PA . 
    Emerson ne fournit pas de chiffres spécifiques pour sa 
division moteurs et transmissions, intégrée dans la division 
automatismes industriels du groupe qui pèse elle quatre 
milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. 
    Selon une source proche du dossier, la division moteurs 
devrait souffrir de la faiblesse de la demande et accuser une 
baisse de son Ebitda 2016 à environ 100 millions de dollars, sur 
un chiffre d'affaires attendu à environ 1,5 milliard. 
    Les offres devraient la valoriser à cinq/huit fois l'Ebitda, 
soit jusqu'à 800 millions de dollars (environ 700 millions 
d'euros), selon les sources. 
    Emerson, ses conseillers et les potentiels acquéreurs ont 
refusé de faire un commentaire ou n'étaient pas disponibles dans 
l'immédiat pour commenter ces informations. 
 
 (Avec Gilles Guillaume à Paris, édité par Dominique Rodriguez) 
 

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