Emergents-Vers une 4e année de sorties de capitaux en 2017-IIF

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    par Helen Reid 
    LONDRES, 3 novembre (Reuters) - Les marchés émergents 
connaîtront en 2017 une quatrième année consécutive de sorties 
nettes de capitaux, qui atteindraient 206 milliards de dollars 
(186 milliards d'euros), un montant toutefois inférieur aux 373 
milliards attendus en 2016, selon des prévisions de l'Institute 
for International Finance (IIF) publiées jeudi.  
    L'institut s'attend à des flux de capitaux privés entrants 
dans les pays émergents de 769 milliards de dollars l'année 
prochaine, contre 640 milliards de dollars cette année. Mais ces 
entrées seraient plus que compensées par des sorties de 
capitaux, pour l'essentiel en provenance de Chine.  
    Les sorties nettes de capitaux des pays émergents avaient 
atteint 739 milliards de dollars en 2015.  
    Les marchés émergents ont enregistré cette année des 
performances supérieures à celles des marchés financiers des 
pays développés et l'IIF explique que les entrées de capitaux 
ont été favorisées par les politiques ultra-accommodantes des 
grandes banques centrales et les taux d'intérêt très bas dans 
les pays développés.  
    "Après leur reprise en début d'année, les flux vers les 
marchés émergents devraient continuer à s'améliorer 
graduellement dans les trimestres à venir", écrit l'IIF dans son 
étude.  
    Les flux d'investissement de portefeuille en actions et 
obligations émergentes devraient atteindre 208 milliards de 
dollars en 2017 après 157 milliards attendus cette année et 100 
milliards en 2015.  
    Les flux à destination de l'Asie devraient enregistrer la 
hausse la plus importante, de l'ordre de 70 milliards de 
dollars, pour atteindre 348 milliards, avec l'Inde et la Chine 
comme principaux pays bénéficiaires.  
     
    LA REMONTÉE DES TAUX DE LA FED, UN "DÉFI" 
    "Un virage vers des politiques monétaires moins 
accommodantes en 2017, en particulier des hausses de taux de la 
Fed, pourrait constituer un défi beaucoup plus difficile", 
prévient toutefois l'IIF.  
    La Réserve fédérale américaine n'a pas modifié sa politique 
monétaire mercredi mais elle a laissé entendre qu'une hausse de 
taux était probable le mois prochain face aux signes 
d'amélioration de la conjoncture et de remontée de l'inflation. 
  
    Les risques politiques, notamment ceux liés à la montée des 
populismes dans les pays occidentaux, mais aussi une possible 
perte de confiance dans le yuan figurent parmi les autres 
risques identifiés par l'IIF.  
    Si la persistance de rendements faibles voire négatifs dans 
les pays développés restera un facteur déterminant pour les flux 
à destination des pays émergents l'année prochaine, ses effets 
seront moins marqués qu'en 2016, a ajouté l'IIF.  
    "Nous avons sans doute atteint, voire dépassé, le pic de 
l'argent facile".  
    Les flux d'investissement direct étranger (IDE) à 
destination des émergents devraient en revanche continuer à 
diminuer à 429 milliards de dollars en 2016, un plus bas annuel 
depuis la crise financière de 2008, principalement sous l'effet 
d'une baisse des IDE à destination de la Chine. Ils ne se 
reprendraient que marginalement en 2017 à 441 milliards de 
dollars.  
    Les flux d'IDE en provenance des émergents devraient en 
revanche demeurer proches de leurs plus hauts à 336 milliards de 
dollars l'année prochaine, soutenus par les investissements 
chinois.  
    Sur les neuf premiers mois de 2016, les sorties nettes de 
capitaux des émergents ont atteint 225 milliards de dollars 
contre 365 milliards pour la période correspondante de 2015, 
selon les données de l'IIF.  
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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