Embryons chimères : «L'enjeu ? Créer un organe humain dans un animal»

le , mis à jour à 11:30
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Embryons chimères : «L'enjeu ? Créer un organe humain dans un animal»
Embryons chimères : «L'enjeu ? Créer un organe humain dans un animal»

Aucun bébé mi-cochon, mi-homme n'est né aux Etats-Unis. Mais l'incroyable avancée médicale réalisée outre-Atlantique et publiée dans une revue médicale jeudi a tout de même de quoi alimenter les débats. Ceux éthiques en premier lieu. En Californie, des chercheurs ont, pour la première fois, créé des embryons chimères -- comprendre mixtes -- contenant des cellules souches humaines... et porcines.

 

«Ils ont injecté des cellules souches pluripotentes induites (IPS), capables de devenir des tissus, dans des embryons de porc. Ils ont ensuite réimplanté les embryons dans un utérus de truie. Si la gestation de la truie dure trois mois, trois semaines et trois jours, l'expérience s'est arrêtée à la fin du premier mois de gestation pour des raisons légales. Mais du tissu musculaire avait déjà commencé à se former...» décrypte le professeur John De Vos, chef du service ingénierie cellulaire et tissulaire au CHU de Montpellier (Héraut). «L'enjeu ? reprend-il. Créer peut-être un jour un organe humain, comme un pancréas, dans un animal tel que le porc.»

 

Et même si John De Vos précise que le processus est loin d'en être à ce stade, «il s'agirait ensuite de transplanter l'organe ou une partie de celui-ci, comme les îlots fabriquant l'insuline, chez un malade en attente d'une greffe. Je rappelle que plusieurs milliers de personnes sont en attente d'un don d'organe», note-t-il.

 

Une prouesse et beaucoup de questions

 

Des scientifiques ont déjà réussi à développer un pancréas, un cœur et même des yeux de rat dans des embryons de souris ! Mais pour créer un organe humain, il fallait trouver un animal au métabolisme proche. «Le porc remplit ce critère car il est omnivore et est mieux proportionné qu'un bovin», reprend le professeur.

 

«La prouesse technique est très intéressante, renchérit le professeur Jérôme Larghero, responsable de la thérapie cellulaire à l'hôpital ...

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