Elu il y a 3 ans, Hollande entre autopromotion et vues sur 2017

le , mis à jour à 19:49
0

* La jeunesse reste la priorité du quinquennat-Hollande * Les "hollandais" se mobilisent derrière leur champion * Valls appelle la majorité à rester unie * La présidentielle de 2017 dans toutes les têtes (Actualisé avec le discours de Hollande) PARIS, 6 mai (Reuters) - François Hollande a célébré mercredi le troisième anniversaire de son élection à l'Elysée, plaçant sous le signe du redressement du pays et de la jeunesse la suite d'un parcours teinté de suspense quant à une nouvelle candidature pour 2017. Confronté à un chômage et à une impopularité records, le président a assuré, à l'occasion d'un échange avec des jeunes, que la situation de ces derniers constituait la priorité de son action à la tête de l'Etat. "J'ai voulu cet entretien, cette discussion pour l'anniversaire de l'élection qui a eu lieu le 6 mai 2012 (...) parce que j'avais donné comme priorité pour mon quinquennat la jeunesse", a-t-il dit lors d'une intervention au Conseil économique, social et environnemental (CESE). François Hollande, qui a défendu la réforme controversée du collège initiée par la ministre de l'Education, contre les "immobiles" qui sont "toujours les plus bruyants", a proposé d'organiser une grande concertation nationale à travers des "assises de la jeunesse". Ce thème a pris ces derniers mois une place prépondérante dans la communication du président, qui a annoncé en avril l'élargissement de la prime d'activité aux moins de 25 ans. "NOUS SOMMES EN TRAIN DE RÉUSSIR" Son gouvernement a de son côté martelé que la politique mise en oeuvre depuis trois ans commençait à donner ses premiers résultats, notamment en matière économique. Des propos confortés par la hausse des prévisions d'investissements des industriels pour 2015, publiée mercredi, à même de consolider la timide reprise. ID:nL5N0XX1PW "L'objectif de ce quinquennat (...) c'est de redresser le pays", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, où il a promis de poursuivre les réformes tout en enjoignant la majorité à rester unie. "Face à une extrême droite qui veut détruire et face à une droite qui veut répéter ce qui a mené la France à l'échec, c'est à la majorité d'être fière de ce qu'elle accomplit, derrière l'action du président de la République, d'être fière parce que, moi, j'ai la conviction que nous sommes en train de réussir." Stéphane Le Foll a détaillé lors du compte rendu du conseil des ministres le bilan du chef de l'Etat, défendant aussi bien le "mariage pour tous" que "la création de 35.227 postes supplémentaires dans l'Education nationale", les "300.000 personnes parties à la retraite à 60 ans depuis deux ans" et la baisse d'impôts à venir pour "neuf millions de ménages" liée à la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu. "TENIR BON" Ce troisième anniversaire a fait l'objet mardi soir à l'Assemblée nationale d'une réunion où quelque 200 élus socialistes ont réaffirmé leur fidélité au président en vue de 2017. ID:nL5N0XW43N Mot d'ordre pour les troupes, selon les participants : "Tenir bon". "Il a fallu réparer, réformer, maintenant c'est l'heure de la reconquête", résume un conseiller présidentiel, rappelant le talent jadis reconnu à François Hollande de fédérateur des courants d'un PS turbulent qu'il a dirigé 11 ans durant. "Au Parlement, le climat est meilleur car l'enjeu est ailleurs, au congrès du PS", souligne encore ce proche. Quatre motions principales sont en lice pour le grand raout socialiste prévu début juin à Poitiers. Du climat de ce rendez-vous, qu'un "hollandais" espère "apaisé", dépendra la suite des évènements, avec le suspense entretenu par François Hollande sur une nouvelle candidature. "Il se tient prêt au cas où", résume un proche. "Tant qu'il n'a rien dit, nous on maintient la flamme. S'il souffle dessus, elle s'éteindra. S'il met les gaz, la flamme jaillira". Pour ses défenseurs, le meilleur atout du président reste sa proximité avec les Français, qu'il rencontre au rythme de deux déplacements hors de Paris par semaine. "Il n'est pas fatigué, ça c'est sûr", résume un ministre souvent présent à ses côtés lors des bains de foule. Dans une France déprimée où l'économie peine à repartir, une ministre tempère : "Pour 2017, tout est possible". "On sait qu'en politique, rien n'est déterminé, même six mois à l'avance. Si d'aventure François Hollande ne se représentait pas, il y aurait une primaire, et une candidature de Manuel Valls ne me semble pas relever de la science fiction." (Elizabeth Pineau et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse et Chine Labbé)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux