Elmander, le naufragé suédois

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Elmander, le naufragé suédois
Elmander, le naufragé suédois

Héros porté aux nues il y a huit ans sur les bords de la Garonne, Johan Elmander a aujourd'hui la tête sous l'eau. Le buteur suédois est vissé sur le banc du Brøndby IF, là où tout avait explosé en 2004. Comme un mauvais boomerang.

Son nom réveille des souvenirs émerveillés. Son visage déclenche directement un sourire, un regard de sympathie. Johan Elmander est de cette caste, si particulière et unique, des joueurs prêts à mourir sur un terrain, à crever pour un bout de cuir. Owen Coyle, entraîneur du Suédois à Bolton entre 2010 et 2011, avait résumé le caractère de son buteur par ses mots : "Dès qu'il a mis ce maillot, il a toujours tout donné. Je savais qu'en l'alignant dans l'équipe, il serait prêt à arracher ses chaussettes pour ses coéquipiers". Le public français, lui, a gardé les ralentis d'une époque où l'homme faisait tomber à lui tout seul les Girondins de Bordeaux un soir de mai 2007. On jouait alors la dernière journée du championnat et Toulouse venait d'arracher sa qualification pour le tour préliminaire de la Ligue des champions grâce à un triplé de son sauveur scandinave (3-2). Le Stadium pouvait alors lancer la sono, sur un air de musique européenne. Car Johan Elmander à Toulouse, c'était ça. Un type capable de renverser une situation, de changer le visage d'un match par un but arraché du bout du pied, ou encore de se faire acclamer un soir de victoire au Vélodrome. Un joueur rare, unique, capable de faire tomber la casquette du crâne de son entraîneur de l'époque, Elie Baup, qui ne mâchera jamais ses mots face au talent de son attaquant. Toulouse possédait alors une idole, une icône pour les plus jeunes, et l'aimait. Lui aussi, lorsqu'il déclarait alors vouloir "porter le club, cette ville que j'aime tant, vers le haut niveau", et qu'il résistait alors aux sirènes de Lyon, Barcelone ou encore de Manchester City. Sauf que cette époque est désormais classée, rangée au rang des souvenirs. Un peu moins de dix ans après, le grand Johan n'est plus. Et les chaussettes restent propres.

"Il était bon, très jeune, mais de là à en faire un international..."


Eté 2002. Après deux ans passés au Feyenoord Rotterdam sous les ordres de Bert van Marwijk, le jeune prodige Johan Elmander est de retour au pays. La faute à une adaptation compliquée, marquée par une caractéristique qui poursuivra le joueur durant une bonne partie de sa carrière : son manque d'aptitude linguistique. "Quand il est revenu en Suède en prêt du Feyenoord, Johan m'a impressionné mais j'ai très vite compris pourquoi cela n'avait pas marché aux Pays-Bas. Il ne parlait quasiment pas un mot…


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