Electricité : une hausse de 2,5% au 1er novembre, avant d'autres

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Selon le gendarme de l'énergie, sans cette nouvelle méthode, les tarifs régulés appliqués aux particuliers auraient dû augmenter de 6,7%, hors rattrapage. Heath Oldham/shutterstock.com
Selon le gendarme de l'énergie, sans cette nouvelle méthode, les tarifs régulés appliqués aux particuliers auraient dû augmenter de 6,7%, hors rattrapage. Heath Oldham/shutterstock.com

(AFP) - Après le gel de la hausse de 5% prévue en août dernier, la facture des particuliers d'EDF augmentera finalement de 2,5% à partir du 1er novembre, mais d'autres hausses ne sont pas à exclure pour achever le rattrapage des tarifs de 2012 et 2013.

Cette augmentation (hors taxes), applicable par EDF aux quelques 28 millions de foyers soumis au "tarif bleu", a été officialisée vendredi par la publication au Journal officiel du nouvel arrêté tarifaire.

Elle comporte une hausse de 1,6% au titre de la nouvelle méthode de calcul et une de 0,9% au titre du rattrapage tarifaire.

La nouvelle formule de calcul, dite par "empilement", s'appuie sur l'addition des coûts des différentes composantes de la filière, en intégrant le prix de l'électricité sur les marchés de gros.

Le rattrapage tarifaire a été rendu nécessaire pour couvrir le manque à gagner subi par EDF en 2012 et 2013 en raison de l'écart durant ces deux années entre les tarifs appliqués et les coûts supportés par l'entreprise.

Ce manque à gagner a été évalué par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) à 1,1 milliard d'euros.

Un premier rattrapage avait été appliqué en août 2013, avec une augmentation de 5%, mais le gouvernement avait annulé un second mouvement de même ampleur prévu au 1er août dernier.

La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avait justifié cette décision par l'élaboration de la nouvelle méthode de calcul des tarifs.

Selon le gendarme de l'énergie, sans cette nouvelle méthode, les tarifs régulés appliqués aux particuliers auraient dû augmenter de 6,7%, hors rattrapage.

Mais le gel des tarifs a été attaqué devant le Conseil d'Etat par les fournisseurs alternatifs qui estiment que les tarifs régulés ne couvrent plus complètement les coûts d'EDF, un principe pourtant inscrit dans la loi et qui doit permettre à la concurrence de jouer. La procédure est toujours en cours.

- Rattrapage insuffisant -

Cet arrêté est "très décevant et pas satisfaisant du tout", a réagi vendredi matin pour l'AFP Fabien Choné, le président de l'Anode, l'association qui rassemble les fournisseurs alternatifs, estimant que le rattrapage est "très partiel" par rapport à ce qui est nécessaire et donc que l'arrêté est "retocable", même si l'association n'a pas encore décidé si elle déposerait un recours.

La hausse de 0,9% ne représente selon la CRE que 15% du montant total à récupérer au niveau des tarifs bleus. "La poursuite (du) rattrapage reportera une charge importante sur l'évolution tarifaire suivante", a ainsi prévenu le gendarme de l'Energie.

Ségolène Royal avait dit début juillet étudier l'idée d'un rattrapage progressif, étalé sur plusieurs mois.

Les tarifs réglementés sont fixés annuellement par le gouvernement après avis de la CRE. Ils coexistent avec les prix de marché proposés tant par l'opérateur historique EDF que les fournisseurs alternatifs.

Leur évolution a par ailleurs un impact important sur EDF. L'électricité avait estimé que le gel du 1er août entrainerait un manque à gagner de 500 millions d'euros au second semestre. L'annonce de ce gel avait aussi fait momentanément plonger le cours du groupe.

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