Electricité : risque de coupure dans le sud-est

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La France s'apprête à battre lundi son record de consommation d'électricité sous l'effet des températures glaciales, un pic qu'EDF assure pouvoir passer sans problème, même si le Var et les Alpes-Maritimes ont été placés en "alerte rouge" face à un risque réel de coupures. RTE, filiale d'EDF qui gère le réseau haute tension national, se prépare à enregistrer une consommation d'environ 97.700 mégawatts (MW) à 19H00, selon sa dernière prévision mise en ligne dans l'après-midi, ce qui constituerait un nouveau sommet historique après le pic de 96.710 MW atteint le 15 décembre 2010.Cependant, EDF et les autorités ont multiplié depuis ce week-end les déclarations rassurantes.Le patron du groupe d'énergie, Henri Proglio, a assuré au Journal du Dimanche que ce pic serait franchi "sans problème" grâce à une forte disponibilité des centrales nucléaires (55 sur 58 en fonctionnement), couplée à des moyens de production complémentaires (barrages hydrauliques et centrales +thermiques+ fonctionnant au fioul, au charbon ou au gaz). Sans oublier des importations de courant, principalement d'Allemagne.La situation est cependant délicate en Bretagne et surtout en PACA, deux régions à fort risque de coupures car elles ne produisent qu'une fraction du courant qu'elles consomment et leurs lignes, situées en bout de réseau, sont au bord de la saturation lors de tels records.RTE a placé lundi le Var et les Alpes-Maritimes en "alerte rouge" Ecowatt, tandis que la Bretagne est depuis jeudi en "alerte orange". Ces régions sont appelées à réduire leur consommation d'énergie aux heures de pointe (en début de matinée et entre 18H et 20H)."Il ne s'agit pas de se mettre dans le noir, d'arrêter de se chauffer. En revanche, il y a le déclenchement d'équipements électroménagers (et) des recharges d'appareils mobiles qui peuvent très bien être différés", a expliqué le président de RTE, Dominique Maillard.- précarité énergétique -Cette situation a relancé les critiques des opposants à l'atome, l'Observatoire du nucléaire accusant les autorités de ne pas admettre "la faillite de leur stratégie basée sur le nucléaire et le chauffage électrique", principale cause des pics de consommation.Le ministre de l'Energie Eric Besson a répliqué que si la France avait fermé la moitié de ses réacteurs, "comme le demandent François Hollande et Eva Joly", elle serait aujourd'hui obligée d'importer massivement du gaz russe, en raison du rendement faible ou nul des turbines éoliennes et des centrales solaires aux heures de pointe."Notre socle d'énergie nucléaire, c'est ce qui permet à la France et aux Français de ne pas dépendre de la Russie pour leur chauffage et leur électricité, et c'est particulièrement précieux aujourd'hui", a-t-il déclaré en visitant le centre de contrôle de RTE à Saint-Denis, près de Paris, où le gestionnaire de réseau veille en permanence à l'équilibre du système électrique national.Une allusion au géant gazier russe Gazprom, qui a admis avoir réduit ces derniers jours ses livraisons de gaz à l'Europe, pour satisfaire en priorité les besoins domestiques. La Russie est le troisième fournisseur en gaz naturel de GDF Suez, avec 14% de ses approvisionnements à long terme, derrière la Norvège et les Pays-Bas. Par ailleurs, le bond de la consommation d'électricité a relancé le débat autour de la "précarité énergétique", phénomène qui frappe des millions de ménages.Le gouvernement a assuré la semaine dernière que l'attribution automatique des tarifs sociaux de l'énergie à tous les foyers qui y ont droit, mais l'ignorent, était bien applicable depuis le 1er janvier, comme il s'y était engagé. Et ce, même si le décret encadrant ce dispositif n'est pas encore paru, ce qui avait suscité l'inquiétude d'élus.Le patron d'EDF Henri Proglio a assuré qu'aucun ménage ne serait privé de courant tant que la vague de froid durerait. "Nous ne couperons aucun Français, aucun consommateur pendant la période de grand froid", a-t-il réaffirmé lundi.

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