Elections sénatoriales au Japon, "super majorité" en jeu pour Abe

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    par Linda Sieg 
    TOKYO, 10 juillet (Reuters) - La coalition du Premier 
ministre japonais Shinzo Abe devrait remporter les élections 
sénatoriales qui se déroulent dimanche au Japon, malgré les 
doutes suscités par sa politique économique et son projet de 
révision de la Constitution. 
    Les 242 sièges de la Chambre des conseillers sont 
renouvelables par moitié tous les trois ans. Une large victoire 
permettrait au Premier ministre Shinzo Abe d'obtenir la 
"super-majorité" nécessaire pour amender pour la première fois 
la Constitution pacifiste du pays.  
    La coalition entre le Parti libéral-démocrate (PLD) et le 
Komeito dispose de la majorité absolue à la chambre haute, avec 
136 sièges, et il lui suffira de gagner 46 des 121 sièges en jeu 
pour conserver cette majorité. 
    Mais le Premier ministre a dit espérer voir sa coalition 
remporter plus de la moitié des sièges en jeu à la Chambre des 
conseillers (soit 61 sièges), score qui constituerait un 
plébiscite de sa politique économique. 
    Shinzo Abe a annoncé au début du mois le report de deux ans 
et demi, à octobre 2019, de l'augmentation de la TVA, une 
décision qui relègue au second plan l'assainissement des 
finances publiques face à la faiblesse de la reprise économique. 
  
   La coalition PLD-Komeito pourrait toutefois faire mieux que 
ces 61 sièges, montrent les derniers sondages. 
     
    CHANGER LA CONSTITUTION PACIFISTE 
    L'obtention d'une majorité des deux tiers au Sénat ouvrirait 
la voie à une révision de la Constitution rédigée par les 
Américains après la guerre et encore jamais modifiée. 
    Amender la Constitution nécessite l'aval des deux tiers des 
deux chambres de la Diète (Parlement). A la chambre basse, la 
coalition au pouvoir peut déjà s'appuyer sur une 
"super-majorité" des deux tiers. 
    Pour les conservateurs, la Constitution est le symbole 
humiliant de la défaite japonaise lors de la Seconde Guerre 
mondiale. Ses défenseurs y voient au contraire la source de la 
paix et de la prospérité d'après-guerre. 
    L'opposition démocrate s'est alliée à de petits partis, et 
notamment le parti communiste japonais pour tenter d'empêcher 
les partisans du changement constitutionnel de l'emporter. 
    En outre, le parti d'Abe pourrait élargir son assise au 
Sénat s'il remportait à lui seul au moins 57 sièges, seuil qui 
lui permettrait de se passer du soutien du parti Komeito. Le 
parti n'est pas parvenu seul à une majorité depuis 1989. 
    La coalition au pouvoir a largement gagné les trois 
dernières élections parlementaires en nombre de sièges, mais les 
experts estiment que la participation, très basse, reflète un 
sentiment d'absence de choix parmi les électeurs. 
    Les prochaines élections législatives au Japon ne sont pas 
prévues avant 2018. 
    Un remaniement ministériel est attendu après les élections. 
Le ministre de la Justice, Mitsuhide Iwaki, paraît menacé, comme 
le ministre chargé de l'archipel D'Okinawa. 
    Les spéculations vont bon train quant au remplacement 
éventuel du ministre des Finances Taro Aso, qui est âgé de 75 
ans. 
 
 (Avec Kiyoshi Takenaka; Julie Carriat pour le service français, 
édité par Danielle Rouquié) 
 
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