Elections municipales en Syrie sur fond de grève et de violence

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par Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - Le Premier ministre syrien, Adel Safar, a appelé la population syrienne à participer lundi aux élections municipales afin que le pays résiste aux "conspirations" ourdies contre lui.

L'opposition au président Bachar al Assad a jugé ce scrutin inutile dans le contexte de violences actuelles.

"Nous disons au peuple syrien que c'est l'occasion de désigner les bons représentants qui rempliront tous leurs devoirs envers lui", a dit le chef du gouvernement nommé en avril dernier, un mois après le début du soulèvement.

Alors que les bureaux de vote ouvraient, les forces de sécurité affrontaient dans la province d'Idlib, dans le nord du pays, des déserteurs de l'armée qui ont rallié l'opposition, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Trois civils auraient été tués.

Dans la même province, des électeurs ont été contraints d'aller voter sous la menace, ont dit des opposants.

Pour le deuxième jour consécutif, l'opposition organisait à travers le pays une "grève générale pour la dignité" qui aurait été largement suivie dans les bastions anti-Assad. Dans la ville de Dael, dans le Sud, les forces de sécurité seraient intervenues pour briser le mouvement de grève.

Dans la province de Homs, quatre personnes ont été tuées lundi par les forces gouvernementales. L'agence de presse officielle Sana a rapporté que l'armée avait tué un rebelle et en avait blessé plusieurs autres.

L'opposition veut que la grève générale se poursuive à travers le pays et que le mouvement de désobéissance civile force le gouvernement à fléchir.

POURSUITE DE LA GRÈVE

"Cela coûtera encore des vies humaines, je le crains. Mais c'est préférable à un soulèvement armé qui pousserait le régime à nous entraîner dans un scénario à la libyenne, avec beaucoup plus de morts", a expliqué Rima Fleihan, membre du Conseil national syrien (CNS), qui fédère plusieurs groupes d'opposition.

L'agence Sana affirme que la grève lancée dimanche est un échec et a diffusé des images de magasins ouverts et de marchés très fréquentés.

Dimanche, des combats ont opposé des soldats gouvernementaux, appartenant pour la plupart à la 12e brigade blindée basée à Isra, à 40 km de la frontière jordanienne, à des rebelles dans la ville de Bousra al Harir. Le fracas des explosions et des fusillades retentissait dans les collines au nord de la ville, où des déserteurs ont trouvé refuge.

Après un attentat à l'explosif qui a blessé cinq casques bleus français vendredi près de Tyr, dans le sud du Liban, Damas a démenti toute implication.

La Syrie "dément catégoriquement toute implication syrienne dans cette action", dit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié à Damas.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré dimanche que la France avait "de fortes raisons de penser" que cet attentat a été commandité par la Syrie.

Il a mis en cause le Hezbollah, "bras armé" de la Syrie au Liban. Ce dernier a également rejeté lundi cette accusation.

Avec Dominic Evans, Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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