Élections européennes : comment l'Espagne est devenue eurosceptique

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Les manifestations contre l'austérité se multiplient en Espagne.
Les manifestations contre l'austérité se multiplient en Espagne.

"Nous les Espagnols, nous ne voulons pas devenir une colonie du nord de l'Europe qui ne servirait qu'à fournir de la main-d'oeuvre bon marché." Celui qui parle de la sorte sans se mordre la langue est un nouveau venu de la politique. L'atypique Pablo Iglesias - politologue, professeur à l'université et présentateur de télévision à ses heures - a lancé en janvier Podemos (Nous pouvons), une formation radicale qui s'apparenterait au Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon ou au Syriza grec.Longtemps enthousiaste Podemos n'est pas le seul parti à incarner une défiance inédite en Espagne vis-à-vis à l'Union européenne, même si, à la différence d'autres pays de la zone euro, les partis d'extrême droite europhobes demeurent ultra-confidentiels. Mais pour Podemos, l'Union est coupable de défendre les marchés financiers et de stimuler les politiques d'austérité. Le parti d'Iglesias appelle à ne pas rembourser la gigantesque dette publique espagnole - qui atteint presque 100 % du PIB -, estimant que les "institutions financières sont responsables de la crise". Ou, tout au moins, souhaite-t-il "restructurer" cette dette. Cet euroscepticisme croissant est inédit dans un pays qui, il n'y a pas si longtemps, était l'un des plus enthousiastes des "Vingt-Sept". "Longtemps, l'Europe est apparue comme synonyme d'ouverture au monde et de progrès, après quarante ans d'isolationnisme franquiste. Aujourd'hui, ce sentiment a disparu. On ne pardonne plus rien à...

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