Elections décisives pour le secteur minier au Groenland

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Commodesk - Les 57.000 habitants du Groenland étaient appelés à voter le 12 mars pour le renouvellement des 31 sièges de leur Parlement, des élections placées sous le signe de l'exploitation des ressources naturelles de la province autonome du Danemark.

Des élections sur fond de politique minière

Le parti Siumut (social-démocrate) a remporté ces législatives à 42,8% des voix contre 34,4% pour le parti Inuit Ataqatigiit (IA, indépendantiste) de Kuupik Kleist, le Premier ministre sortant. Aleqa Hammond, qui dirige le parti Siumut, deviendra la première femme Premier ministre du Groenland une fois que le nouveau gouvernement de coalition sera formé.

L'enjeu majeur de ces élections était l'exploitation des ressources naturelles. La fonte des glaces de ces dix dernières années a rendu plus accessible les matières premières dont regorge le sous-sols groenlandais (uranium, terres rares, fer, or, cuivre,...), attirant l'attention des investisseurs étrangers.
Or depuis 2009, le Groenland a obtenu un statut d'autonomie élargie lui permettant de gérer ses ressources naturelles. Le Danemark reste responsable de la politique extérieure et de défense de sa province.

Le Premier ministre, Kuupik Kleist, s'était prononcé en faveur de l'exploitation des ressources minières. Il avait même voté, en décembre dernier, une loi pour que les entreprises étrangères investissant plus de 670 millions d'euros dans un projet minier, soient exemptées du droit social local. Les investisseurs à l'origine du projet de mine de fer à Nuuk au Groenland envisagent, grâce à cette loi, de faire venir des milliers d'ouvriers chinois, rémunérés à un salaire inférieur au minimum groenlandais, pour construire un port, une centrale électrique et une raffinerie. L'opposition fraîchement élue veut réformer cette loi.

Une volonté commune d'exploiter les ressources

Le parti Siumut estime qu'il faut augmenter les recettes publiques provenant des ressources naturelles en taxant plus les entreprises étrangères. Aleqa Hammond veut, par exemple, taxer les compagnies dès leur implantation au Groenland tandis que Kuupik Kleist proposait d'attendre qu'elles dégagent des bénéfices. Elle s'est prononcée en faveur de l'exploitation des matières premières au Groenland mais juge les décisions du gouvernement actuel trop rapides, des centaines de licences d'exploration ayant déjà été accordées à des entreprises étrangères en quatre ans.

La problématique de l'uranium était également un point fort de ces élections. Le Groenland interdit, pour le moment, toute exploitation et exportation de produits radioactifs. Kuupik Kleist avait annoncé le maintien du gel de l'exploitation d'uranium tandis qu'Aleqa Hammond y voit une opportunité d'emplois pour la population. Deux points atténuent ces divergences politiques, pour pouvoir exploiter des terres rares, les compagnies devront nécessairement extraire de l'uranium. Et la politique de la province autonome du Groenland sur le nucléaire doit être approuvée par le Danemark, très opposé au développement de cette énergie.

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