Election présidentielle au Kenya, des violences font 15 morts

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LES KENYANS AUX URNES
LES KENYANS AUX URNES

par Edmund Blair et Joseph Akwiri

NAIROBI/MOMBASA, Kenya (Reuters) - L'élection présidentielle au Kenya pourrait nécessiter un second tour pour départager les favoris Uhuru Kenyatta et Raila Odinga, selon les premiers sondages réalisés à l'issue d'une journée marquée par des violences qui ont fait au moins quinze morts.

Les premiers résultats provisoires ont été dévoilés peu après la fermeture des bureaux de vote à 17H00 (14H00 GMT), mais il était encore trop tôt pour déterminer le résultat définitif.

Uhuru Kenyatta, fils du "père de l'indépendance", Jomo Kenyatta, arrive légèrement en tête après dépouillement de 10% des bureaux de vote.

Selon les sondages réalisés à la sortie des urnes, un second tour pourrait être organisé en avril pour départager le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta, qui fait l'objet d'une inculpation de la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle d'instigateur des violences de 2007, de l'actuel Premier ministre, Raila Odinga.

De nombreux bureaux de vote dont l'ouverture a été retardée fermeront par ailleurs plus tard dans la journée. La commission électorale dispose de sept jours pour proclamer les résultats officiels.

La mission d'observation de l'Union européenne a déclaré que la participation était élevée, même sur la côte où deux attaques séparées se sont produites.

"L'atmosphère observée est majoritairement calme", a déclaré à des journalistes Alojz Peterle, chef de la mission d'observation de l'Union européenne et ancien Premier ministre slovène.

"Les gens font toujours la queue calmement et patiemment", a-t-il ajouté. "Nous espérons que cette atmosphère de calme et de patience durera jusqu'à la fin de la procédure même si elle dure plus longtemps que prévu."

ATTAQUES NON REVENDIQUÉES

Deux attaques séparées se sont déroulées dans la région côtière, connue pour ses violences, faisant au moins quinze morts dans la nuit de dimanche à lundi.

La première s'est produite dans la localité de Kilifi, à 50 kilomètres au nord de Mombasa, lorsque des jeunes gens armés de machettes ont attaqué un bureau de vote dans le quartier de Chumani vers 01h00 (22h00 GMT).

Près du port de Mombasa, des policiers chargés de veiller au bon déroulement du scrutin ont été tués par plusieurs jeunes gens également armés de machettes quelques heures avant l'ouverture des bureaux.

Au total, neuf membres des forces de l'ordre et six agresseurs ont péri dans ces incidents, a précisé Aggrey Adoli, chef de la police régionale. Les deux attaques n'ont pas été revendiquées.

Selon des responsables de la police, ces attaques auraient été commises par des membres d'un groupe de séparatistes, le Conseil républicain de Mombasa (CRM), qui a échoué à faire annuler le vote pour organiser un référendum sur l'indépendance de la région côtière.

Elles n'auraient donc pas de lien avec les affrontements politico-ethniques entre tribus rivales qui avaient fait 1.200 morts lors de la précédente élection en 2007.

Le porte-parole du CRM a cependant démenti toute responsabilité dans les attaques, assurant qu'il ne cherchait le changement que par des moyens pacifiques.

A la tension générée par le scrutin, les activistes somaliens d'Al Chabaab, liés à Al Qaïda, ont prononcé des menaces voilées avant le vote.

Une attaque à la grenade sur un commissariat de police de Garissa, à la frontière somalienne, a tué deux civils, a annoncé l'inspecteur général de la police, David Kimaiyo. Il a ajouté qu'une bombe avait explosé dans la zone de Mandera, également proche de la frontière, sans faire de blessé.

Dans la soirée, un jet de grenade à proximité d'un bureau de vote de Garissa a provoqué un début de panique parmi les électeurs. Les autorités ont toutefois indiqué qu'il n'y avait pas eu de blessé.

Avec Hezron Ochiel à Kisumu, Drazen Jorgic, Beatrice Gachenge, Yara Bayoumy et George Obulutsa à Nairobi; Pierre Sérisier, Hélène Duvigneau et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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