Election présidentielle au Burundi malgré les violences

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BUJUMBURA, 21 juillet (Reuters) - L'élection présidentielle s'est tenue mardi au Burundi malgré les violences suscitées par la nouvelle candidature du chef de l'Etat sortant, Pierre Nkurunziza, que l'opposition juge anticonstitutionnelle. Des coups de feu et des explosions ont retenti dans la nuit de lundi à mardi à Bujumbura, la capitale, avant le début de ce scrutin boycotté par l'opposition. Un policier et un civil ont trouvé la mort dans ces violences, a déclaré le conseiller présidentiel Willy Nyamitwe. "On veut intimider les électeurs, on veut les empêcher d'aller voter", a-t-il dit. Des habitants du quartier de Nyakabiga ont déclaré que le civil tué était un responsable du parti d'opposition MSD et ont mis en cause le gouvernement. Une source policière a confirmé que le mort était bien un opposant. Des manifestants ont bloqué une rue en réclamant "la justice et la vérité", avant qu'une équipe de la Croix-Rouge ne vienne prendre le corps. Le président de la commission électorale, Pierre Claver Ndayicariye, a déclaré à Reuters que les résultats provisoires de l'élection pourraient être annoncés dans deux jours. Selon lui, la participation pourrait être de 80% dans les zones rurales mais ne devrait pas dépasser 40% dans la capitale. Le département d'Etat américain a jugé que ce scrutin, tenu dans de telles conditions, ne pouvait être crédible et ne faisait que discréditer encore plus le gouvernement burundais. L'annonce au printemps de la candidature de Pierre Nkurunziza a déclenché des manifestations et des violences qui ont fait plusieurs dizaines de morts et provoqué en mai une tentative de coup d'Etat qui a été déjouée. "RÉSULTAT SANS INTÉRÊT" Plus de 170.000 Burundais fuyant les violences se sont réfugiés en Tanzanie, au Rwanda et en République démocratique du Congo. "Il faut du changement. Nous avons besoin de sang neuf", déclare Wilson, un mécanicien de Bujumbura qui refuse de donner son patronyme par peur des représailles. Il ne se rendra cependant pas dans les bureaux de vote, faute de pouvoir voter pour l'opposition. Les adversaires de Pierre Nkurunziza lui reprochent de violer la Constitution en sollicitant un troisième mandat et de mettre en péril l'accord de paix de 2005 qui a mis un terme à un conflit de 12 ans et qui a tué 300.000 personnes. S'appuyant sur une décision de la Cour constitutionnel, Pierre Nkurunziza a balayé les critiques de l'opposition et sollicité un troisième mandat consécutif. Il a également ignoré les recommandations de l'Union africaine et des pays donateurs occidentaux qui lui conseillaient de reporter le scrutin. Le pays traverse sa crise politique la plus grave depuis la fin de la guerre civile qui a opposé des groupes ethniques de la majorité hutue, doit est issu Pierre Nkurunziza, à l'armée, majoritairement commandée par des Tutsis. "Le résultat de cette élection sera sans intérêt", a déclaré Jean Minani, un représentant de l'opposition. La commission électorale a décidé de faire imprimer des bulletins de vote portant les noms des candidats de l'opposition malgré leur retrait et assure que toutes les voix seront comptabilisées. (Clément Manirabarusha et Edmund Blair,; Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

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