Election au Congo, Sassou-Nguesso brigue un troisième mandat

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 (Actualisé avec déclaration de Sassou-Nguesso, contexte) 
    par Aaron Ross 
    BRAZZAVILLE, 20 mars (Reuters) - Les électeurs congolais 
étaient appelés aux urnes dimanche pour le premier tour de 
l'élection présidentielle que Denis Sassou-Nguesso, qui brigue 
un troisième mandat consécutif, aborde en position de grand 
favori. 
    L'opposition, qui se présente en ordre dispersé, a dénoncé 
les modalités d'organisation du scrutin qui se déroule dans un 
contexte tendu. Le gouvernement a ordonné samedi aux opérateurs 
de téléphonie de suspendre leurs services pour des raisons de 
sécurité. L'opposition y voit une manoeuvre pour compliquer la 
tâche des scrutateurs. 
    Le gouvernement a également interdit l'usage de véhicules 
motorisés dans l'ensemble du pays et des barrages ont été 
dressés dans la capitale, Brazzaville, pour faire respecter 
cette interdiction. 
    A Mafouta, un quartier de la capitale, les bureaux de vote 
ont ouvert peu de temps avant l'horaire prévu, 06h00 (07h00 
GMT), mais les opérations de vote ont très vite pris du retard. 
    "Je veux que tout se passe bien. Je ne veux pas de guerre, 
ce qui se produit parfois après ces élections", a déclaré Damien 
Kiongasi, venu de Paris pour voter. 
    Denis Sassou-Nguesso a huit adversaires face à lui, dont 
cinq ont conclu un accord de retrait au second tour en faveur du 
premier arrivé, au cas où le président sortant serait mis en 
ballottage. Parmi ses adversaires figure le général en retraite 
Jean-Marie Mokoko, qui fut son conseiller à la sécurité. 
     
    NOUVELLE CONSTITUTION 
    Denis Sassou-Nguesso a dirigé le Congo de 1979 à 1992, année 
où il a été battu à la présidentielle par Pascal Lissouba. Il 
est revenu au pouvoir cinq ans plus tard au terme d'une guerre 
civile et a remporté les scrutins présidentiels de 2002 et de 
2009. 
    A 72 ans, il peut briguer un nouveau mandat, ramené de sept 
à cinq ans, grâce à la modification institutionnelle 
controversée qu'il a fait valider par référendum l'automne 
dernier. La Constitution ne limite plus à deux mandats 
l'exercice de la fonction suprême et a levé les restrictions 
d'âge imposées aux candidats. 
    Cette élection marque un "progrès pour notre démocratie", 
a-t-il déclaré en votant dans son bureau de vote de Brazzaville, 
ajoutant que le scrutin se déroulait à sa connaissance dans le 
calme. 
    Ses adversaires jugent que la richesse pétrolière du pays 
n'a profité qu'à une petite élite. La moitié de la population 
totale du pays (4,5 millions d'habitants) vit dans la pauvreté. 
    L'opposition a prévenu vendredi qu'elle avait observé des 
préparatifs en vue d'une fraude massive, des électeurs ayant 
notamment été inscrits dans plusieurs bureaux de vote 
différents, d'autres bénéficiant de plusieurs cartes 
d'électeurs. 
    A Mafouta, bastion de l'opposition, des électeurs patientant 
dans la file d'attente déclaraient dimanche matin avoir constaté 
que les listes d'émargement comportaient les noms d'électeurs 
décédés depuis des années. Un journaliste de Reuters a de son 
côté vu trois noms inscrits à deux reprises, avec les mêmes 
dates de naissance et les mêmes filiations. 
    "Je ne suis pas optimiste. J'ai vu que nos voix ont été 
volées. Les véritables résultats ne seront pas communiqués", a 
affirmé Boclelon Ganga, un Congolais de 28 ans. 
    Pour de nombreux observateurs, la victoire du président 
sortant est plus que probable. "Il va utiliser l'appareil 
d'Etat", dit Joe Washington, président de la Fondation Ebina, un 
groupe d'opposition à Brazzaville. "Le résultat de l'élection 
est déjà connu", ajoute-t-il. 
 
 (avec Emma Farge à Dakar; Guy Kerivel, Nicolas Delame, Eric 
Faye et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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