Election à suspense pour la présidence de l'UMP

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SUSPENSE AUTOUR DE L'ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE L'UMP
SUSPENSE AUTOUR DE L'ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE L'UMP

PARIS (Reuters) - L'incertitude pesait dimanche soir sur l'issue de l'élection à la présidence de l'UMP, une première dans l'histoire du parti néo-gaulliste qui a donné lieu à un âpre duel entre l'ancien Premier ministre François Fillon et le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.

Quelque 300.000 adhérents à jour de cotisation étaient appelés à voter de 09h00 à 18h00 dans 650 bureaux de vote répartis dans les 577 circonscriptions françaises.

Une forte affluence dans certains bureaux a nécessité la prolongation des opérations de vote tandis que le dépouillement débutait dans les autres.

Ainsi François Fillon, député de la 2e circonscription de Paris, a-t-il été contraint d'attendre plus d'une heure pour voter dans une école du 7e arrondissement transformée pour l'occasion en bureau de vote. Jean-François Copé avait voté dimanche matin à Meaux, ville de Seine-et-Marne dont il est maire.

François Fillon et ses soutiens ont imputé les longues files d'attente, dissuasives selon eux, à un défaut d'organisation. Une critique voilée aux "copéistes" qui "tiennent" l'appareil du parti et porteraient la responsabilité de ces dysfonctionnements.

"Ce que je regrette, c'est que l'organisation du vote n'ait pas été plus fluide. Il faudra tirer toutes les leçons de ce scrutin. Les militants qui sont venus voter aujourd'hui sont vraiment courageux", a déclaré l'ancien Premier ministre à la presse après avoir voté.

ACCUSATIONS DE FRAUDES

Le sénateur Roger Karoutchi, soutien de Jean-François Copé, a déploré sur BFM TV "une pique non justifiée", rappelant que la régularité du scrutin était garantie par la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) du parti.

Les attaques réciproques ont continué de fuser dimanche après une fin de campagne tendue.

Dans les Alpes-Maritimes, où les deux hommes forts de l'UMP Eric Ciotti et Christian Estrosi soutiennent François Fillon, la maire du Cannet Michèle Tabarot, membre du "ticket" Copé, a dénoncé des "irrégularités".

Elle a fait état à Nice de "procurations distribuées à l'intérieur du bureau de vote pendant le déroulement du scrutin" et de "procurations avec des signatures qui ne correspondent pas à la signature de la pièce d'identité présentée".

Les résultats définitifs devraient être proclamés tard dans la soirée.

"On va attendre tranquillement les résultats", a déclaré Jean-François Copé, sans plus de commentaires, à son arrivée au siège de l'UMP peu après 19h30.

Les deux camps livraient des tendances favorables à leur champion respectif, mais en l'absence d'éléments de référence, il était difficile après 20h00 de livrer une lecture fiable du scrutin.

Des membres des deux états-majors évoquaient une participation supérieure à 50%, avec un duel serré.

Dans l'entourage de Jean-François Copé, on donnait le député-maire de Meaux en tête avec 51% après dépouillement de 50.500 bulletins. Dans l'entourage de François Fillon, on donnait le Premier ministre en tête avec 51,5% après dépouillement de 41.000 bulletins.

ESTROSI CRIE VICTOIRE

Christian Estrosi s'est montré moins prudent sur BFM TV en assurant que l'avantage tournait "en faveur de François Fillon". "Je crois que nous allons vers l'élection de François Fillon", a-t-il affirmé.

Dans le Nord, Jean-François Copé était donné gagnant de sources parlementaires. Dans les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes, des sources locales donnaient François Fillon en tête.

Le dépouillement se poursuivait dans les fédérations les plus importantes - Paris, Hauts-de-Seine, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône.

Les adhérents étaient invités à désigner "un ticket" (président, vice-président, secrétaire général) pour un mandat de trois ans. Ils se prononçaient en parallèle sur différentes "motions" qui, si elles obtiennent au moins 10% des suffrages, deviendront des "mouvements", autre nouveauté à droite.

Deux lignes s'affrontaient dans ce vote : "une droite décomplexée", renouant avec les accents droitiers de Nicolas Sarkozy dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2012, défendue "sans tabous" par Jean-François Copé, 48 ans, "le résistant"; une droite à la tonalité plus centriste que François Fillon, 58 ans, "le rassembleur", ambitionne d'incarner à l'élection présidentielle de 2017.

Sophie Louet avec Chine Labbé

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