El Khomri valide le licenciement d'un délégué CGT d'Air France

le , mis à jour à 21:33
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    * Poursuivi dans l'affaire des "chemises arrachées" 
    * La CGT dénonce une décision "revancharde" 
    * Le délégué dit son intention de "contre-attaquer" 
 
 (Actualisé avec le délégué CGT, précisions) 
    PARIS, 8 août (Reuters) - Myriam El Khomri a validé le 
licenciement d'un délégué CGT d'Air France  AIRF.PA  poursuivi 
dans l'affaire dite "des chemises arrachées" lors d'un comité 
central d'entreprise en octobre 2015, a annoncé le ministère du  
Travail lundi.  
    "A l'issue d'une analyse longue et minutieuse des faits 
survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central 
d'entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments 
portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d'une 
gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié 
protégé", peut-on lire dans un communiqué.  
    "Cette décision est cohérente avec le licenciement des 
quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne 
bénéficient d'aucun mandat syndical et dont le cas n'est donc 
pas soumis à l'autorisation de l'inspection du travail", ajoute 
le ministère.  
    Le salarié concerné, Vincent Martinez, conserve la 
possibilité de former un recours de la décision de la Direction 
générale du travail devant le  tribunal administratif, 
précise-t-il. 
    "C'est une décision qui va à l'encontre de celle prise par 
l'inspection du travail" qui avait refusé en janvier le 
licenciement pour faute lourde du délégué syndical, a réagi le 
secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. 
    "J'y vois une décision politique et revancharde de la part 
du gouvernement par rapport au mouvement social à Air France et 
au mouvement social que nous menons" contre la loi travail, 
a-t-il dit à Reuters, précisant que le syndicat allait étudier 
les recours possibles. 
    Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat de la 
part d'Air France.     
     
    "DÉCISION POLITIQUE" 
    Sur Europe 1, Vincent Martinez s'est lui dit surpris par la 
décision du ministère et a annoncé son intention de 
"contre-attaquer". 
    "J'avais fourni une vidéo où on montrait clairement mon rôle 
modérateur, c'est-à-dire que je n'étais pas venu là pour casser 
mais plutôt pour essayer de protéger", a-t-il dit. "J'ai bien 
montré cette vidéo à l'inspection du travail, je l'ai montrée 
aussi (...) au ministère du Travail mais (...) il y avait une 
décision qui était prise depuis longtemps, une décision un peu 
politique."      
    Le 5 octobre 2015, le directeur des ressources humaines 
d'Air France, Xavier Broseta, et un responsable de l'activité 
long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie par 
des salariés furieux après l'annonce de 2.900 suppressions de 
postes. 
    Les images montrant ces dirigeants fuyant les manifestants, 
chemise arrachée et costume déchiré, ont fait le tour du monde. 
D'autres cadres avaient été molestés et des vigiles blessés.  
    Le Premier ministre Manuel Valls avait dénoncé des 
comportements de "voyous" et demandé des sanctions "lourdes" 
pour leurs auteurs.  
    Le procès des salariés d'Air France poursuivis dans cette 
affaire a été renvoyé aux 27 et 28 septembre. La CGT a lancé un 
appel à manifester ces jours-là en faveur de leur relaxe.  
 
 (Marine Pennetier, avec Cyril Altmeyer, édité par Tangi Salaün) 
 

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