El Khomri juge "absurdes" les craintes des jeunes sur sa loi

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    PARIS, 3 mars (Reuters) - Myriam El Khomri a jugé jeudi 
"absurdes" les craintes des jeunes sur le projet de réforme du 
Code du Travail à l'heure où une vingtaine d'organisations de la 
jeunesse marquées à gauche appellent à la mobilisation contre ce 
texte. 
    La ministre du Travail, remise d'une chute qui l'a obligée 
mardi à annuler ses rendez-vous, a repris ses consultations avec 
les partenaires sociaux, qui seront aussi reçus à partir de la 
semaine prochaine par le Premier ministre, Manuel Valls. 
    "Dans notre pays, près de 86% des embauches se font en CDD 
(contrats à durée déterminée), près de 50% sont des CDD de moins 
d'une semaine, ce n'est pas de la précarité, c'est de 
l'hyper-précarité", a-t-elle rappelé sur France 2. 
    "C'est absurde que les jeunes aient peur de cette loi parce 
que ce sont eux les victimes de cette hyper-précarité", a-t-elle 
poursuivi. "Cette loi est faite justement pour que les 
jeunes(...) puissent rentrer plus facilement sur le marché du 
travail en étant en contrat à durée indéterminée." 
    Elle a néanmoins estimé qu'il fallait trouver un "point 
d'équilibre" dans ce projet de loi critiqué par l'ensemble des 
syndicats, une partie de la majorité et même du patronat. 
    "Je souhaite aller jusqu'au bout", a-t-elle ajouté. "Le 
temps de la concertation est nécessaire, le temps du débat, le 
temps du dialogue, et il permettra des amendements, il permettra 
de retrouver un juste point d'équilibre."  
    "Je ne confonds pas persévérance et intransigeance ; 
néanmoins il faut avancer", a-t-elle conclu. 
    François Hollande et Manuel Valls, qui ont pris acte de 
l'opposition irréductible de la CGT et de Force ouvrière à ce 
projet de réforme, ont choisi pour coeur de cible les syndicats 
réformistes, CFDT en tête, et le Medef. 
    Le chef de l'Etat et le Premier ministre entendent consacrer 
les 15 jours à venir à tenter de répondre aux critiques des 
syndicats réformistes sans dénaturer un texte déjà "prévendu" 
auprès de ses adhérents et des autorités européennes par le 
Medef, principale organisation patronale.   
    Les principales organisations syndicales avaient rendez-vous 
jeudi matin au siège de l'Unsa pour tenter de s'entendre sur des 
contre-propositions.  
    Une partie de ces organisations, les plus remontées contre 
le projet de loi, ont prévu de se retrouver au siège de la CGT 
dans l'après-midi pour envisager dès maintenant une journée 
d'action à la fin du mois. 
    La CFDT, principal syndicat réformiste, n'avait pas, pour sa 
part, prévu de participer à cette seconde réunion. 
    "On n'exclut pas l'idée qu'il faudra peut-être à un moment 
aller se mobiliser, y compris aller dans la rue pour protester 
si les mesures ne nous conviennent pas", a déclaré à France Info 
sa secrétaire générale adjointe, Véronique Descacq. 
    "Simplement, on a un rendez-vous lundi (avec Myriam El 
Khomri). Donc attendons après lundi de savoir ce qu'on fera." 
    Plus d'une vingtaine d'organisations de jeunes, dont le 
syndicat étudiant Unef, pourtant proche du Parti socialiste au 
pouvoir, et des syndicats lycéens, ont en revanche déjà appelé à 
une journée d'action nationale le 9 mars.   
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • frk987 il y a 9 mois

    Il suffit de substituer le M en N....on sera proche de la réalité !!!!!!