Eiffel : "il y a un postulat pour cet album : des machines dans tous les titres"

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Eiffel : "il y a un postulat pour cet album : des machines dans tous les titres"
Eiffel : "il y a un postulat pour cet album : des machines dans tous les titres"

(Relaxnews) - Alors que le 5e album d'Eiffel, Foule monstre, est attendu dans les bacs le 3 septembre prochain, Relaxnews a rencontré Romain et Estelle Humeau, afin de faire le point avec eux sur la prétournée qui leur a permis de jouer sur scène de nouveaux titres, sans oublier d'évoquer la nouvelle orientation musicale du groupe.

Relaxnews : Comme pour "A tout moment", sorti en 2009, on retrouve sur "Foule monstre" la 'famille' Eiffel, avec notamment les participations de Joe Doherty et de Bertrand Cantat.
Estelle Humeau : On se voit tout le temps.
Romain Humeau : On n'a pas à s'appeler, ça peut se décider au détour d'une balade à vélo. Pour Lust for Power, Bertrand a aussi écrit le couplet où il chante. Tous ces gens là apparaîtront peut-être sur la tournée à un moment donné, mais rien n'est encore fait.

R : Pouvez-vous nous présenter Phoebe Killdeer, qui chante aussi sur le disque ?
RH : Elle est Australienne et a fait un album qui s'appelle Innerquake. C'est le guitariste de Deportivo, qui nous a donné son disque. J'avais écris le titre Chaos of Myself en pensant à plusieurs personnages féminins, on l'a donc contactée, on a sympathisé et ça s'est fait tout simplement. Elle ouvrira pour Eiffel au Trianon à Paris le 28 novembre.

R : "Foule monstre" rassemble de nombreuses sonorités, à la fois pop, rock et même électro. Est-ce pour autant un nouveau tournant pour le groupe ?
RH : Non, ça reste du Eiffel. C'est un album qui fait le grand huit au niveau des humeurs textuelles, sonores et d'arrangements des cordes etc. Et puis il y a un postulat : des machines dans tous les titres, y compris dans une chanson aussi intimiste que Milliardaire. Ca reste de la pop, parce qu'à la base on est surtout fan de paysages oniriques, d'harmonies, qui restent une formidable clé pour ouvrir la tronche des gens.

R : La grande nouveauté sur cet album concerne donc ces arrangements électro. Comment s'est réparti le travail ?
RH : J'ai écrit et réalisé l'album. Je me suis aussi occupé de toute la partie programmation. De son côté, Nicolas Bonnière a apporté son jeu de guitare, ses scratchs et ses Kaoss Pad, des samples de voix, de guitares et de divers éléments existants dans les chansons qu'il a bidouillés.

R : Quel est l'intérêt pour vous de mélanger le français et l'anglais dans une chanson comme "Lust for Power" ?
RH : Ca fait cinq ans que j'avais cette mélodie en tête, et si je n'avais pas écrit le refrain en anglais, ça aurait donné un truc abominable en français. J'en suis aussi au stade où je pense pouvoir écrire des thématiques en anglais simple sur des refrains, mais en même temps j'avais aussi des phrases à placer, du style "tu t'sens comme un indien Cherokee au milieu d'un Buffalo Grill", avec l'envie de parler de l'idée de la possession des autres et de la soif de pouvoir.
EH : En France, on met des étiquettes : ou tu chantes en français, ou tu chantes en anglais. Or, notre culture anglo-saxonne se mélange avec notre culture de chanson française.
RH : Si j'en étais capable, j'adorerais écrire un disque tout en anglais.

R : Et jouer devant des Anglais ?
RH : C'est prévu, d'aller se faire cracher sur la gueule à Londres, en fin de tournée. On ira se faire deux ou trois pubs, devant trois Anglais.

R : Avant ça il y a eu la prétournée, en mai et juin, qui a permis de découvrir les premiers titres sur scène. Quel est votre ressenti après ces quelques dates ?
EH : On voulait tester pas mal de choses sur cette prétournée, et ça a bien fonctionné. Et puis on a fait des concerts courts, sans beaucoup de répétition.
RH : Il y a toujours des trucs sur lesquels on n'est pas forcément au point, mais les concerts à Paris, à Savigny-le-Temple et Lyon par exemple, se sont très bien passés. On espère tourner autour d'une trentaine de titres à l'automne, pour la véritable tournée.

R : Pour la première fois vous avez aussi été jouer au Canada, aux Francofolies de Montréal.
RH : Pour nous c'est une superbe expérience. Le premier soir on a joué sur une grande scène, devant 2.500 personnes. Le lendemain on s'est retrouvé aux Katacombes, club gothique avec que du percé et du tatoué, l'entrée à 38$, devant 50 personnes. C'était même bien mieux que la veille musicalement. Donc on va y retourner, sans doute en février 2013. De toute façon, on va tourner jusqu'à 2014 je pense.
EH : On va aussi aller en Belgique, et peut-être en Suisse, avant la fin de cette année.

R : Qu'est-ce qui compose votre playlist du moment ?
RH : Dr Dee de Damon Albarn. C'est "the" génie, la correspondance directe avec Lennon/McCartney. Sinon, Tom Waits aussi, Avishai Cohen... Pas de rock, en fait. On écoute aussi de plus en plus la radio et j'aime beaucoup le titre de Barbara Carlotti, L'amour, l'argent, le vent, The Do aussi. Dans le genre classique qui n'invente rien, ça fait du bien aussi de se mettre un bon Hives dans les dents.
EH : Camille, Philippe Uminski. Et comme on revient du Québec, Plume Latraverse, que personne ne connaît en France mais qui est une véritable star là-bas. Et puis on écoute aussi beaucoup de flamenco, puisqu'on a une fille qui est fan.

Après quelques festivals cet été, la tournée du groupe commencera officiellement le 4 octobre à Montpellier. Une quarantaine de dates d'ici la fin de l'année, essentiellement dans des clubs de 500 à 1.000 places.

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