Egypte-Peine réduite pour un policier après la mort d'islamistes

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LE CAIRE, 13 août (Reuters) - Un officier de police égyptien condamné l'an dernier pour sa responsabilité dans la mort de 37 détenus islamistes a vu sa peine réduite en appel de dix à cinq ans de prison, a-t-on appris jeudi de plusieurs sources judiciaires. L'affaire avait été l'une des plus médiatisées durant la période de répression des partisans de l'ex-président Mohamed Morsi, chassé du pouvoir par l'armée en juillet 2013 après des manifestations de masse contre son régime. C'est aussi l'une des rares dans lesquelles des membres des forces de sécurité ont été poursuivis après la mort de manifestants pendant cette période. Le verdict rendu jeudi intervient à la veille du deuxième anniversaire de la mort de plusieurs centaines de partisans de Morsi dans la dispersion de leurs camps improvisés au Caire. Un mois après l'éviction de Morsi, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que 37 hommes présentés comme des islamistes étaient décédés dans ce qu'il avait décrit comme une tentative d'évasion. Le parquet avait ensuite établi que ces 37 hommes étaient morts pendant leur transfert en prison alors qu'ils se trouvaient dans un véhicule de police surchargé dans lequel une grenade lacrymogène avait été tirée. Le lieutenant-colonel Amr Farouk avait été condamné en première instance en mars 2014 pour homicides involontaires et négligence aggravée; trois autres policiers avaient écopé de condamnations avec sursis. Une cour d'appel avait annulé les verdicts en juin de l'an dernier mais le parquet avait fait appel à son tour, ouvrant la voie au nouveau procès dont le verdict a été rendu jeudi. La cour a de nouveau infligé des peines avec sursis aux trois autres policiers. Des familles de victimes ont critiqué le nouveau jugement. "Ce verdict (...) est tout simplement un moyen de nous faire taire. Il est injuste que 37 personnes meurent et qu'une personne soit condamnée à une peine de cinq ans contre laquelle elle fera sans doute appel avant de repartir libre", a déclaré Mohamed Maghrabi, dont le fils Rafik est l'un des 37 hommes décédés en 2013. Un avocat des familles a expliqué que les policiers condamnés pouvaient faire appel et obtenir un troisième procès, qui serait le dernier. (Mahmoud Mourad et Haitham Ahmed; Marc Angrand pour le service français)

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