Egypte-Les revenus touristiques de Charm el Cheikh menacés

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par Ahmed Aboulenein CHARM EL CHEIKH, Egypte, 10 novembre (Reuters) - Les conséquences du crash de l'Airbus A321 russe dans la péninsule du Sinaï fin octobre vont durement affecter le secteur du tourisme de Charm el Cheikh, dont les revenus pourraient baisser de moitié, a déclaré mardi à Reuters le chef de l'association régionale des agents de voyage. Depuis le crash du 31 octobre, dont de nombreux pays pensent qu'il est dû à un attentat, plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers la station balnéaire située sur les rives de la mer Rouge, désertée par les milliers de touristes majoritairement russes et britanniques. "Perdre 40% de notre clientèle revient à perdre environ 50% des revenus touristiques à Charm el Cheikh et dans le Sud-Sinaï", souligne Guevara el Gafy, président de l'association des agences de voyages du Sud-Sinaï. Selon la Fédération mondiale du voyage et du tourisme (WTTC), le tourisme représente près de 6% de l'économie égyptienne et emploie plus de 1,3 million de personnes. Charm el Cheikh est notamment une destination importante pour les Britanniques, puisque 70% de ceux qui se rendent en Egypte choisissent les plages du Sud-Sinaï. S'exprimant depuis le complexe hôtelier familial, où sont accrochés des portraits du président Abdel Fattah al Sissi, Guevara el Gafy explique que l'industrie locale du tourisme avait prévu d'enregistrer une fréquentation en hausse de 30% au cours de la saison hivernale. "Le problème, c'est que le crash s'est produit au tout début de la saison (...), or Charm el Cheikh et le Sud-Sinaï sont des destinations hivernales", dit-il. Selon lui, environ 10% des réservations ont été annulées le jour du crash et cette proportion a bondi à environ 40% après l'annonce de la suspension des vols britanniques et russes vers Charm el Cheikh. Le choc est d'autant plus brutal pour l'industrie du tourisme que cette dernière commençait à peine à rebondir après cinq années de turbulences politiques marquées par le renversement de deux présidents égyptiens. En 2014, 9,9 millions de touristes se sont rendus en Egypte, un chiffre bien éloigné des 14,7 millions enregistrés en 2010, l'année qui a précédé le printemps arabe. Guevara el Gafy explique que l'industrie du tourisme ne peut plus se permettre d'attirer la clientèle en réduisant des prix, qu'elle a déjà abaissés à plusieurs reprises. "Nous sortons de cinq ans de dépression. Nos prix ont déjà été réduits au niveau minimum que les hôtels et l'industrie peuvent accepter pour assurer leur survie." (Nicolas Delame pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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