Egypte: gouvernement remanié, ministre de l'Intérieur remplacé

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(Précisions, contexte, réaction d'expert) LE CAIRE, 5 mars (Reuters) - Le ministre égyptien de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, a été limogé et remplacé par un ancien directeur du département de la sécurité nationale, le général de réserve Magdi Abdel Ghaffar, qui a dirigé par le passé une unité chargée de lutter contre l'extrémisme religieux. Ce changement, annoncé jeudi par la présidence égyptienne dans un communiqué, s'inscrit dans le cadre d'un remaniement partiel du gouvernement touchant aussi les ministères du Tourisme, des Télécommunications et de l'Agriculture. Mohamed Ibrahim, qui avait été nommé à l'Intérieur par le président islamiste Mohamed Morsi, renversé par l'armée en juillet 2013, était depuis l'un des architectes de la vaste répression menée contre les Frères musulmans du président déchu, et plus largement contre toute forme de contestation, y compris laïque. Il n'a cependant pas réussi à empêcher la multiplication des attaques et des attentats qui ont coûté la vie à des centaines de soldats et de policiers, principalement dans le nord de la péninsule du Sinaï, bastion d'un groupe djihadiste qui a prêté allégeance à l'organisation Etat islamique, mais aussi au Caire et dans la vallée du Nil. Le ministre de l'Intérieur a aussi été critiqué pour le recours aux méthodes qui avaient alimenté la colère des Egyptiens contre la police à l'époque d'Hosni Moubarak, et précipité sa chute en 2011, dont la torture et la répression brutale des manifestations. Sa responsabilité a notamment été mise en cause après la mort de 19 supporters de football devant un stade du Caire le mois dernier. Pour l'ancien général Khaled Okacha, la nomination de Magdi Abdel Ghaffar traduit cependant surtout la priorité accordée par le président Abdel Fattah al Sissi, ancien commandant en chef de l'armée, à la lutte antiterroriste. "Compte tenu de la situation sécuritaire compliquée et des constants changements de stratégie de la part des groupes terroristes, (...) il était prévisible qu'il faudrait du sang neuf (au ministère)", a expliqué cet expert en sécurité. "La nomination d'Abdel Ghaffar montre que la lutte antiterroriste est la priorité (...) Le ministère va certainement adopter une nouvelle stratégie pour combattre le terrorisme", a-t-il ajouté. Sans doute soucieux de ne pas se mettre à dos les puissants services de police, dont la rivalité larvée avec l'armée avait été l'un des moteurs de la mise à l'écart d'Hosni Moubarak, le président Sissi a promu le ministre de l'Intérieur sortant au poste de conseiller du chef du gouvernement, avec le rang de vice-Premier ministre. (Mahmoud Mourad et Yara Bayoumy; Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français)

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