Egypte-Anniversaire du soulèvement, deux manifestants tués

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(Actualisé, deuxième manifestant tué) par Ali Abdelaty et Maggie Fick LE CAIRE, 25 janvier (Reuters) - Deux manifestants ont été tués dimanche en Egypte et l'explosion d'une bombe a blessé deux policiers au Caire, alors que des rassemblements étaient organisés pour le quatrième anniversaire du déclenchement du soulèvement qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak en 2011. L'an dernier, des dizaines de personnes ont péri lors des manifestations marquant cet anniversaire. Un homme de 52 ans a été tué par un tir de grenaille à Alexandrie, la deuxième ville du pays. Selon le ministère de l'Intérieur, cet homme était armé. Un deuxième manifestant a été tué à Matariya, un faubourg du Caire où des centaines de personnes se sont rassemblées. Toujours dans la capitale, une explosion a visé des policiers en faction devant un club de sport du quartier d'Héliopolis. Dans la région de Baheira, dans le delta du Nil, à 170 km du Caire, deux activistes ont été tués par l'explosion prématurée de bombes qu'ils étaient en train de poser, a rapporté la télévision nationale égyptienne. Des partisans du président déchu Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, se sont rassemblés dimanche matin près de la place Tahrir, haut lieu de la contestation qui précipita la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011. Les manifestants ont brandi des photos de Morsi, a constaté un journaliste de Reuters. Les forces de sécurité sont rapidement intervenues et les ont interpellés. Les forces de sécurité ont par ailleurs tiré des gaz lacrymogènes pour disperser une petite manifestation place Ramsès au Caire, ont déclaré les autorités. Samedi, une manifestante, Chaimaa Sabbagh, a été abattue au Caire près de la place Tahrir. Vingt-deux véhicules blindés de l'armée ont pris position au Caire au niveau de cette place et les voies y menant ont été bouclées. MANIFESTANTE TUÉE SAMEDI PRÈS DE LA PLACE TAHRIR Le porte-parole du ministère égyptien de la Santé, Hossam Abdel Ghaffar, a précisé dimanche que la militante tuée la veille avait été touchée au visage et dans le dos. Selon son parti, l'Alliance socialiste populaire, Chaimaa Sabbagh a été tuée par les forces de sécurité. Un millier de personnes ont assisté dimanche à ses funérailles. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Hany Abdel Latif, a déclaré qu'une enquête avait été ouverte. "Personne n'est au-dessus des lois", a-t-il souligné. Les forces anti-émeute se sont également déployées dimanche sur la place Rabaa, dans le nord-est de la capitale égyptienne. C'est à cet endroit que la police, intervenant pour mettre fin à un sit-in, avait tué des centaines de partisans de Mohamed Morsi en août 2013, un mois après le renversement de celui-ci par l'armée à la suite de manifestations de masse. Le cheikh Youssef al Karadaoui, dignitaire religieux d'origine égyptienne installé au Qatar et partisan des Frères musulmans, a soutenu les manifestants et affirmé que Morsi restait le "dirigeant légitime" de l'Egypte. Karadaoui est le président de l'Union internationale des savants musulmans. Si les mesures de sécurité prises en Egypte ont pratiquement porté un coup d'arrêt ces derniers mois aux manifestations de l'opposition, plusieurs rassemblements ont eu lieu cette semaine au Caire ainsi qu'à Alexandrie. Dans une allocution télévisée samedi soir, le président Abdel Fattah al Sissi a salué le désir de changement manifesté par les Egyptiens voici quatre ans mais a appelé à la patience pour atteindre l'ensemble des "objectifs de la révolution". Sissi fut à la tête des services de renseignement militaires sous Hosni Moubarak, et les ONG de défense des droits de l'homme l'accusent de rétablir l'autoritarisme de mise sous l'ancien "raïs". (Avec Malak Ghobrial; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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