EELV entend rester au gouvernement

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Cécile Duflot a réaffirmé l'attachement des écologistes à la solidarité gouvernementale. Tout en reconnaissant des points de désaccord avec les socialistes, en particulier sur la question des gaz de schiste...
Cécile Duflot a réaffirmé l'attachement des écologistes à la solidarité gouvernementale. Tout en reconnaissant des points de désaccord avec les socialistes, en particulier sur la question des gaz de schiste...

Officiellement, la volonté d'agir primerait sur les (nombreuses) désillusions de ces derniers mois.



Le ras-le-bol de certaines figures d'EELV (Europe Écologie-Les Verts) n'en est pas moins palpable et les pommes de discorde ne manquent pas. Rappelons en effet que les écologistes n'ont pas signé le traité européen, ce qui a amené une ministre de l'Égalité des Territoires et du Logement Cécile Duflot quelque peu embarrassée à réaffirmer, de gré ou de force, l'attachement des écologistes à la solidarité gouvernementale sur le plateau du 20 heures de France 2.


EELV prône aussi l'interdiction de l'exploration et fatalement de l'exploitation des gaz de schiste sur le territoire national, aussi ne peut-il se satisfaire de la position élyséenne, quand bien même la proposition de l'ancien PDG d'EADS Louis Gallois, qui a ravivé la polémique, n'a pas été retenue. Car si François Hollande n'a pas souhaité revenir sur l'interdiction de la fracturation hydraulique, effective depuis l'adoption de la loi Jacob l'an passé (soulignons que les socialistes avaient voté contre), tous les permis n'ont pas été abrogés, loin de là. Quant au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, il n'a pas caché sa volonté de voir le dossier réétudié dès lors qu'il sera possible d'extraire les hydrocarbures de roche-mère sans porter atteinte à l'environnement et aux populations.


L'accord scellé en fin d'année dernière avec le Parti socialiste a été synonyme de nombreuses concessions « idéologiques » pour les Verts, partisans d'une sortie progressive du nucléaire « à l'allemande » au même titre que les associations de protection de l'environnement, mais qui ont dû se contenter d'une réduction de la part de l'atome civil dans le panache énergétique national de 75 à 50 % à l'horizon 2025 et de la seule fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) d'ici la fin du quinquennat, tandis que le chantier de l'EPR de Flamanville (Manche) ét ait maintenu. Il a par ailleurs acté le différend entre les deux partis concernant le projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), appuyé en haut lieu par Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, mais que les écologistes jugent inutile et néfaste pour la biodiversité, en particulier celle établie dans les zones humides.



Les écologistes veulent davantage de considération envers la protection de l'environnement


Ils ne sont pas les seuls : comme évoqué dans ces colonnes en fin de semaine dernière, des agriculteurs, des élus locaux, des ONG de défense de la nature, des riverains et même des touristes sont eux aussi vent debout contre l'« Ayraultport », dont la construction est supposée débuter au printemps 2014 et qui pourrait accueillir des Airbus A380. Le ton est nettement monté ces dernières semaines, ainsi qu'en ont témoigné les expulsions manu militari de « squatteurs à ciel ouvert » avec des moyens policiers jugés disproportionnés par les adversaires de la nouvelle plate-forme.


Les vexations ont donc été légion ces derniers mois, mais si tous les responsables d'EELV en conviennent, il n'est pour l'heure pas question de se dissocier de l'action gouvernementale, ce qui dans l'esprit du Secrétaire national Pascal Durand ne signifie pas pour autant renier ses convictions. Telle est également la conception de Mme Duflot, à qui il a succédé, interviewée par nos confrères du Journal du Dimanche (JDD) et selon laquelle il n'est pas question de rajouter « une crise politique » à la crise.


Et d'ajouter : « Si un jour les limites sont franchies », les écologistes débattront de leur éventuel retrait « de manière collective, calme et posée, mais cela ne peut se faire au bout de six mois. » « Il y a des sujets de débat, voire de désaccord, mais pas plus, pour le moment », a insisté la ministre, laquelle dit se refuser « au cynisme qui voudrait que les accords soient bons seulement pour gagner les élections » et assure que s'interroger « en public et feuilletonner (sic) les relations entre les socialistes et les écologistes ne sera jamais (son) sujet ».


Des déclarations qui tranchent avec celles du sénateur EELV Jean-Vincent Placé, prétendant à un maroquin ministériel et qui avait semé le trouble vendredi en affirmant au micro de Radio Classique que les écologistes s'interrogeaient sur leur maintien au gouvernement. Ainsi M. Placé, qui a pris part à la manifestation contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes samedi à Paris, n'aurait-il finalement pas dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas dans son camp et « l'absence de signaux écologiques » sérieux qu'il a dénoncée ne suffirait-elle pas à convaincre les Verts de quitter le navire.


À force de démentis et de mises au point, tous les doutes ne sont cependant pas levés.


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