EDF va supprimer jusqu'à 4.200 postes en France en 3 ans

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    * 2.300 à 4.200 postes supprimés sur la période 2016-2018 
    * EDF doit s'adapter à une concurrence accrue 
    * La baisse des prix de marché pèse aussi 
    * Les syndicats veulent une réaction des pouvoirs publics 
 
 (Actualisé avec précisions et document interne) 
    par Benjamin Mallet 
    PARIS, 21 janvier (Reuters) -  EDF.PA  a annoncé jeudi son 
intention de supprimer entre 2.300 et 4.200 postes en France sur 
la période 2016-2018, sans licenciements, pour faire face à une 
concurrence accrue et à la chute des prix de marché de 
l'électricité. 
    L'électricien public, se basant sur le milieu de cette 
fourchette, a précisé dans un communiqué que ses orientations 
stratégiques devrait ainsi se traduire par une baisse des 
effectifs de 5% sur le périmètre d'EDF SA, c'est à dire de 
l'entreprise en France sans ses filiales. 
    "Cette gestion des ressources s'inscrit dans un 
environnement marqué par une concurrence accrue et des 
conditions de marché défavorables en France et en Europe qui 
nécessite une adaptation de l'entreprise", a souligné le groupe 
dans un communiqué. 
    EDF, dont l'Etat français détient près de 85% du capital, a 
aussi fait valoir que ses effectifs avaient crû de 9% entre fin 
2010 et fin 2014 et qu'il prévoyait 1.000 à 2.000 recrutements 
par an entre 2016 et 2018 sur ses métiers coeurs et en 
développement tels que le numérique. 
    Le comité central d'entreprise d'EDF SA, au cours duquel la 
direction a annoncé ses projets, a émis à l'unanimité un avis 
négatif sur les orientations stratégiques de la société et voté 
la poursuite d'un droit d'alerte exercé fin 2015 et la mise en 
place d'une expertise économique. 
    Ses élus, représentant la CGT, CFE-CGC, CFDT et FO, ont 
estimé dans un communiqué que "les décisions de Bruxelles, de 
l'Etat français mais aussi celles de la direction d'EDF" 
compromettaient à court terme l'avenir de l'entreprise et que 
les salariés étaient "la principale variable d'ajustement" de 
l'entreprise. 
    Les syndicats ont en outre appellé "les pouvoirs publics et 
les parlementaires à se saisir immédiatement du dossier". 
    L'appel à la grève lancé à l'occasion de l'annonce des 
suppressions de postes a été suivi par environ 16% des salariés 
en début d'après-midi, selon EDF. 
     
    PERTE DE CLIENTS ET HAUSSE DE TARIFS EN VUE EN FRANCE 
    Selon la CGT, il s'était traduit en fin de matinée par une 
baisse de production des centrales nucléaires françaises d'au 
moins 11,5 gigawatts, selon la CGT. 
    Et selon RTE, société chargée du réseau français de 
transport d'électricité, la France affichait à 16h00 un solde 
importateur de 2.000 mégawatts (MW) d'électricité contre un 
solde exportateur de 4.200 MW mercredi à la même heure. 
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    Dans un document présenté par la direction au CCE, obtenu 
par Reuters, EDF a fait savoir qu'il prévoyait une baisse de ses 
parts de marché en France en termes de volumes entre 2015 et 
2019, de 78% à 59% auprès des clients professionnels et de 91% à 
82% auprès des particuliers. 
    Invoquant les effets d'une concurrence accrue, qui 
s'accélère avec la fin des tarifs réglementés "jaune" et "vert" 
pour les professionnels et les collectivités survenue le 1er 
janvier et des prix de l'électricité bas en Europe, le groupe 
table en outre sur une croissance faible de la demande de 0,2% 
par an. 
    Toujours selon le document interne, EDF fait cependant 
l'hypothèse d'une hausse du tarif "bleu" appliqué aux 
particuliers de 2,5% par an de 2016 à 2019. 
    "Même si elle doit faire face à moyen terme à de grands 
défis industriels et commerciaux et opère dans un contexte 
économique et régulatoire difficile, EDF dispose aujourd'hui 
d'une situation financière très solide qui n'est pas à 
considérer comme préoccupante (...)", a en outre estimé la 
société dans un autre document remis au CCE. 
    Le groupe, endetté à hauteur de 41,7 milliards d'euros à fin 
2015 selon les estimations du consensus Thomson Reuters I/B/E/S, 
n'a en outre pas détaillé la façon dont il comptait financer  
les travaux sur son parc nucléaire français, son projet d'EPR en 
Grande-Bretagne ou encore le rachat de l'activité réacteurs 
nucléaires d'Areva  AREVA.PA . 
    Vers 17h05, l'action EDF gagnait 4,27% à 11,485 euros. 
 
 (Avec Geert De Clercq et Bate Felix, édité par Gilles 
Guillaume) 
 

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