EDF savait que Londres demanderait un délai sur Hinkley Point

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LE PDG D'EDF AU COURANT DU DÉLAI DEMANDÉ PAR LES BRITANNIQUES
LE PDG D'EDF AU COURANT DU DÉLAI DEMANDÉ PAR LES BRITANNIQUES

par Geert De Clercq

PARIS (Reuters) - Jean-Bernard Lévy savait avant que le conseil d'EDF approuve le lancement du projet Hinkley Point que le gouvernement de Theresa May voulait prendre le temps d'étudier le dossier, montre une lettre que le PDG a envoyée à des hauts dirigeants de l'électricien public.

Le conseil d'administration d'EDF a voté le 28 juillet à une étroite majorité de dix voix contre sept en faveur du lancement de ce projet de 18 milliards de livres sterling (21 milliards d'euros).

Mais quelques heures plus tard, Londres a annoncé qu'il ne comptait prendre sa décision qu'au début de l'automne.

Jean-Bernard Lévy a déclaré vendredi à des journalistes qu'il ne savait pas au moment du conseil du 28 juillet que le gouvernement britannique souhaitait "approfondir sa réflexion".

Dans une lettre adressée mardi soir au comité exécutif d'EDF, obtenue par Reuters, le PDG écrit cependant qu'au moment de convoquer ce conseil, le 21 juillet, il disposait du feu vert de l'Etat français, qui prévenait toutefois que "vu son arrivée très récente" la nouvelle Première ministre britannique Theresa May "demandait 'quelques jours' avant de se prononcer".

Jean-Bernard Lévy ajoute que, tard le 27 juillet, il a été informé que Theresa May "demandait un peu plus de temps, sans remettre en cause l'intérêt du projet, sans préciser la date où la signature pourrait se faire, et qu'elle ne communiquerait pas sur le sujet".

Il écrit aussi qu'à ce moment-là EDF a annulé les préparatifs d'une cérémonie de signature de contrat qui était prévue vendredi sur le site de Hinkley Point et que le ministre chinois de l'Energie, qui devait y assister, a annulé son voyage en Grande-Bretagne.

"Au moment du vote du conseil le jeudi 28 après-midi, nous savions donc que la cérémonie ne serait pas le lendemain, nous n'avions pas d'alerte sur le fond, et nous ignorions l'existence et le contenu du communiqué de presse du gouvernement britannique", ajoute Jean-Bernard Lévy dans ce courrier.

EDF n'a pas souhaité commenter ces informations.

(Dominique Rodriguez et Benjamin Mallet pour le service français)

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  • aerosp il y a 4 mois

    Le Crédit lyonnais puissance 10

  • jmlhomme il y a 4 mois

    Qui de la Chine ou de la France a le plus d'interet à signer sachant que la chine avance à trés grand pas dans le domaine nucléaire, en concurrence avec la France sur le Fond. Les anglais eux au moins s'interrogent sur les conséquences (hors Europe) et surtout interroge leur parlement. Normal vu la gravité et l'importance du contrat

  • lorant21 il y a 4 mois

    Non, il ne savait pas qu'il savait... ce qui change tout!