EDF reprendra les réacteurs d'Areva, l'Etat injectera des fonds

le , mis à jour à 19:27
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EDF VA REPRENDRE LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES D'AREVAEDF VA REPRENDRE LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES D'AREVA
EDF VA REPRENDRE LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES D'AREVAEDF VA REPRENDRE LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES D'AREVA

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - L'Etat français a validé mercredi le projet de reprise par EDF de l'activité réacteurs nucléaires d'Areva, confirmant le scénario d'une refonte radicale de la filière qui circulait depuis plusieurs mois.

Il a également annoncé son intention de recapitaliser Areva "en investisseur avisé, à la hauteur nécessaire".

Le groupe nucléaire public, qui a accusé une perte de 4,8 milliards d'euros en 2014, a lancé un plan de sauvetage incluant un milliard d'euros d'économies sur trois ans et jusqu'à 6.000 suppressions de postes.

Selon des estimations d'analystes et des sources au fait du dossier, les besoins d'Areva s'élèvent à un niveau compris entre 5 et 7 milliards d'euros d'ici à fin 2017.

"Sous réserve de la conclusion d'un accord de partenariat stratégique global avec Areva, EDF a vocation à devenir actionnaire majoritaire de la filiale commune Areva NP, qui rassemble les activités industrielles de construction de réacteurs, d'assemblage de combustible et de services à la base installée", a annoncé l'Elysée dans un communiqué.

La présidence de la République, après une réunion interministérielle sur le sujet qui s'est tenue mercredi matin autour de François Hollande, a précisé qu'Areva conserverait dans sa filiale NP "une participation stratégique avec un pacte d'actionnaires".

Toujours selon l'Elysée, Areva et EDF prévoient de finaliser les principes de ce projet "dans un délai d'un mois".

L'Etat français détient environ 87% du capital d'Areva et 84,5% de celui d'EDF.

Son projet doit permettre "une politique d'exportation ambitieuse et le renouvellement futur du parc nucléaire français", mais aussi une réduction des risques des grands projets en cours d'Areva, dont les réacteurs EPR en cours de construction à Flamanville (Manche) et en Finlande subissent d'importants retards et surcoûts.

LA CGT VEUT UNE RECAPITALISATION DE 2,5 MILLIARDS

EDF a déposé le 22 mai une offre indicative de rachat des d'Areva NP qui atteint selon la presse un peu plus de deux milliards d'euros, à comparer avec une valorisation de 2,7 milliards d'euros dans les comptes d'Areva.

Sans confirmer le montant de l'offre d'EDF, une source au fait du dossier a indiqué qu'elle valorisait Areva NP sur la base d'un multiple de résultat brut d'exploitation (Ebitda) de 7,5 fois et que le chiffre définitif dépendrait des prévisions de performances, de la trésorerie et des passifs transférés.

Si le rachat d'Areva NP se concrétise, EDF a prévu de se doter d'une nouvelle division qui serait ensuite filialisée pour lui permettre de travailler avec d'autres clients et éventuellement faire entrer des partenaires à son capital.

Les activités d'Areva NP emploient près de 17.000 personnes.

EDF avait également fait une proposition alternative se limitant à la reprise de 1.200 ingénieurs d'Areva qui travaillent à la conception et aux calculs de sûreté des réacteurs français.

Le scénario d'une cession de l'ensemble de l'activité réacteurs suscite des craintes chez Areva car il laisserait au groupe le seul contrôle des mines d'uranium et du combustible et marquerait de fait la fin de son "modèle intégré", qui implique une présence sur l'intégralité des activités nucléaires.

Les annonces du gouvernement interviennent au lendemain d'une journée de grève et d'actions qui a largement mobilisé les salariés d'Areva.

Les syndicats du groupe s'opposent au projet de cession de l'activité réacteurs à EDF et refusent la suppression de 3.000 à 4.000 postes en France annoncée début mai.

La CGT juge que l'Etat devra assumer sa responsabilité par une recapitalisation du groupe de l'ordre de 2,5 milliards d'euros.

Fin 2010, une augmentation de capital avait vu l'Etat français et le Koweït investir respectivement 300 millions et 600 millions d'euros dans la société, au prix de 32,50 euros par action.

L'action Areva a clôturé mercredi sur un cours de 8,75 euros.

Engie (ex-GDF Suez) s'est par ailleurs dit intéressé par les activités de maintenance des réacteurs à l'international d'Areva.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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  • CHANOMAR le mercredi 3 juin 2015 à 20:00

    si tous les cadres d Areva se gaves comme l Ina il ne faut pas s étonner mais personne ne contrôle les comptes comme la journée du roi d Espagne aller un journaliste peu se mouiller pour une fois un chiffre

  • crcri87 le mercredi 3 juin 2015 à 19:30

    L'Etat n'a pas le moindre fifrelin pour sortir Areva du fossé , le gouvernement pousse EDF, et le particulier et les entreprises paieront plus cher l'électricité.Alors que nous étions en pointe dans le nucléaire voici que nous sommes incapables de mettre au point l'EPR et itou pour le TGV dépassé par les chinois et les japonais : belle réussite des socialos enarques !!

  • j.neugeb le mercredi 3 juin 2015 à 18:54

    AREVA c'est pire que la Grèce!