EDF prolonge le parc nucléaire français au plan comptable

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    * Durée d'amortissement des réacteurs 900 MW portée à 50 ans 
    * EDF pense pouvoir prolonger de 40 à 60 ans l'ensemble du 
parc 
    * Les prix de marché freinent le S1 
    * Le PDG "ne doute pas" du soutien britannique à H. Point 
 
 (Actualisé avec conférence téléphonique et contexte) 
    par Benjamin Mallet 
    PARIS, 29 juillet (Reuters) - EDF  EDF.PA  a annoncé 
vendredi un allongement de 40 à 50 ans de la durée 
d'amortissement dans ses comptes d'une partie des centrales 
nucléaires françaises, dont le groupe estime pouvoir prolonger 
la durée de vie. 
    Cette décision concerne l'ensemble des centrales de 900 
mégawatts (MW) en France en dehors des deux unités de Fessenheim 
(Haut-Rhin), dont la fermeture est programmée, soit 32 des 58 
réacteurs du parc national.   
    Elle ne préjuge pas des décisions d'autorisation de 
poursuite d'exploitation individuelles qui seront données 
ultérieurement par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a 
souligné l'électricien public dans un communiqué. 
    La décision, qui s'applique rétroactivement au 1er janvier 
2016, a un impact positif de 300 millions d'euros au 30 juin et 
de 600 millions pour 2016 au niveau du résultat net courant du 
groupe. 
    Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a rappelé lors d'une 
conférence téléphonique que l'entreprise souhaitait prolonger 
jusqu'à 60 ans la durée de vie de l'ensemble de son parc  
nucléaire en France. 
    "Le moment venu, dans quelques années (...), nous étudierons 
l'allongement à 50 ans, et peut-être aussi même à 60 ans un jour 
(...), de notre parc de 1.300 mégawatts", a-t-il dit. 
    EDF a également publié vendredi des résultats semestriels 
pénalisés notamment par la chute des prix de marché de 
l'électricité, mais a confirmé l'ensemble de ses objectifs. 
    L'électricien public, dont l'Etat français détient 84,9% du 
capital, a enregistré au 30 juin un résultat net part du groupe 
de 2.081 millions d'euros (-17,2%) pénalisé par des pertes de 
valeur de 731 millions, un résultat net courant de 2.968 
millions (+1,4%) et un chiffre d'affaires de 36.659 millions 
(-5,7%). 
    Pour 2016, EDF vise toujours un Ebitda compris entre 16,3 
milliards et 16,8 milliards d'euros, un ratio d'endettement 
financier net sur Ebitda entre 2 et 2,5 fois et un taux de 
distribution du résultat net courant compris entre 55% et 65%. 
    L'action EDF gagnait plus de 4% dans les premiers échanges 
vendredi matin. 
     
    LES SYNDICATS DÉNONCENT UN "PASSAGE EN FORCE" SUR H. POINT 
    Le groupe a également confirmé son objectif de production 
nucléaire en France pour 2016, de 395 et 400 térawatt-heures, 
revisé à la baisse le 19 juillet en raison de l'arrêt prolongé 
de plusieurs réacteurs au second semestre pour procéder à des 
vérifications.   
    Le conseil d'administration d'EDF a donné son feu vert jeudi 
au lancement du projet de construction de deux réacteurs 
nucléaires EPR en Angleterre, à Hinkley Point, pour 18 milliards 
de livres (21,4 milliards d'euros environ), malgré une forte 
opposition des syndicats au projet.   
    Le gouvernement britannique a toutefois annoncé dans la 
foulée son intention d'examiner de nouveau le projet et de 
prendre sa décision au début de l'automne.   
    "Je ne doute pas du soutien du gouvernement britannique 
dirigé par Mme May", a réagi le PDG d'EDF vendredi matin. 
    L'intersyndicale CGT, CFE-CGC et FO a pour sa part souligné 
"les risques d'un financement en fonds propres à un niveau 
jamais atteint dans l'histoire d'EDF", les incertitudes 
techniques liées au lancement du projet et "le caractère 
irréaliste des délais de construction" prévus. 
    "La décision du Conseil d'EDF apparaît donc politique, 
traduisant sa volonté d'accompagner le gouvernement et non pas 
de défendre les seuls intérêts d'EDF", ont ajouté les syndicats 
en dénonçant un "passage en force".  
    EDF a en outre engagé des négociations exclusives avec la 
Caisse des dépôts (CDC) et le groupe CNP Assurances  CNPP.PA  
pour leur céder 49,9% du capital du gestionnaire du réseau 
français de transport d'électricité RTE sur la base d'une valeur 
de 8,45 milliards d'euros pour 100% des fonds propres de la 
société.   
    L'ouverture du capital de RTE s'inscrit dans un programme de 
cessions d'environ dix milliards d'euros d'actifs à l'horizon 
2020 de l'électricien lourdement endetté qui, outre le projet 
Hinkley Point, doit investir massivement dans la rénovation du 
parc nucléaire français et projette de racheter l'activité 
réacteurs d'Areva.   
    Les actionnaires d'EDF ont par ailleurs approuvé mardi le 
projet d'augmentation de capital du groupe de quatre milliards 
d'euros, auquel l'Etat français s'est engagé à participer à 
hauteur de trois milliards.   
     
    Le communiqué d'EDF : 
    http://bit.ly/2aeaM0K 
     
    Le communiqué des syndicats : 
    http://bit.ly/2aOw98C   
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

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