EDF-Macron brandit la menace d'une perte du projet Hinkley Point

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    * Décision début mai sur le projet d'EPR britannique-Macron 
    * EDF et l'Etat veulent en réduire les risques 
    * Le futur d'EDF reposera sur des efforts partagés-Macron 
 
    PARIS, 22 mars (Reuters) - Reporter le projet de centrale 
nucléaire d'Hinkley Point risquerait de se traduire par une 
perte du contrat pour EDF  EDF.PA , a estimé mardi le ministre 
de l'Economie. 
    Emmanuel Macron a également annoncé que l'électricien public 
devrait se prononcer début mai sur la construction de deux 
réacteurs de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de 
l'Angleterre, et non dès le 30 mars comme annoncé précédemment 
par la CGT. 
    Les détracteurs de ce projet de 18 milliards de livres 
sterling (23 milliards d'euros environ) estiment qu'une décision 
précipitée ferait courir un trop grand danger à EDF, qui doit 
déjà faire face à de lourds investissements dans le parc 
nucléaire français et à la chute des prix de l'électricité.  
    "D'évidence, (un report) serait la solution la plus 
confortable sur le plan technique et intellectuel", a reconnu 
Emmanuel Macron lors d'une audition à l'Assemblée nationale. 
    "Le problème, c'est que nous avons un client (...) et donc 
que nous avons une discussion avec le gouvernement britannique. 
Ce que nous devons apprécier - c'est tout le travail des 
prochaines semaines -, c'est qu'un report prend le risque fort 
de nous faire perdre le contrat", a-t-il toutefois ajouté. 
    "Le travail qui est le nôtre (...), c'est de réduire les 
risques, de les contenir, d'avoir des mécanismes de garanties 
pour éviter que les incertitudes résiduelles ne pèsent de 
manière excessive sur l'entreprise."  
    Emmanuel Macron a en outre confirmé que l'Etat français - 
84,9% du capital d'EDF - recapitaliserait le groupe si 
nécessaire, même si une telle opération ne sera "en rien 
automatique", et qu'il pourrait de nouveau renoncer à percevoir 
ses dividendes en cash.   
     
    EDF DOIT REVOIR "SA DYNAMIQUE SALARIALE"  
    Globalement, le ministre juge que la clarification de la 
stratégie d'EDF reposera sur des efforts partagés. 
    "Le compromis sur lequel nous avons vécu - Etat, 
consommateurs, salariés - n'est plus possible, c'était un 
compromis court-termiste qui (...) sacrifiait l'entreprise à 
terme", a-t-il dit, estimant notamment que l'Etat s'était 
octroyé "des dividendes trop élevés" au cours des dix dernières 
années. 
    "L'augmentation sans fin des tarifs n'est pas la solution 
pour, de manière pérenne, traiter les problèmes de 
l'entreprise", a en outre déclaré Emmanuel Macron, qui demande à 
EDF de revoir "sa dynamique salariale" pour la rendre "plus 
cohérente avec la productivité" des salariés, sans pour autant 
toucher "à ce stade" à leur statut.     
    Emmanuel Macron a aussi souligné que le chiffre d'affaires 
d'EDF exposé aux prix de marché était passé de 20% en 2014 à 
plus de 60% aujourd'hui et que le groupe avait bâti son plan à 
moyen terme sur une hypothèse de prix de 37 euros par 
mégawatt/heure (MWh), à comparer avec un niveau de 26 euros 
aujourd'hui. 
    Le ministre a également déclaré que le système de prix 
garantis prévu pour Hinkley Point constituait un cadre 
intéressant sur lequel la France travaillera dans le cadre de 
ses nouveaux projet de centrales nucléaires.  
 
 (Benjamin Mallet et Geert De Clercq, édité par Matthieu 
Protard) 
 

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  • coco123 le mardi 22 mar 2016 à 21:44

    mets ta paie et celle de torgneux a vous deux ...pas mal