EDF lie projet Hinkley Point et aide supplémentaire de l'Etat

le , mis à jour à 23:08
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JEAN-BERNARD LÉVY RÉCLAME LA SÉCURISATION DE LA SITUATION FINANCIÈRE D'EDF AVEC LE PROJET HINKLEY POINT
JEAN-BERNARD LÉVY RÉCLAME LA SÉCURISATION DE LA SITUATION FINANCIÈRE D'EDF AVEC LE PROJET HINKLEY POINT

par Geert De Clercq

PARIS (Reuters) - EDF ne s'engagera définitivement dans la construction de deux réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne que si l'Etat sécurise sa situation financière, écrit son PDG dans une lettre adressée aux salariés.

"Nous négocions actuellement avec l'Etat pour obtenir des engagements de sa part nous permettant de sécuriser notre situation financière", explique Jean-Bernard Lévy dans cette lettre dont Reuters a eu copie. "Il est clair que je n'engagerai pas EDF dans ce projet tant que ces conditions ne seront pas réunies."

"Nous avons déjà obtenu que la totalité du dividende de l'année 2015 soit versée à l'Etat en actions et non pas en cash, ce qui représente 1,8 milliard de fonds propres supplémentaires pour EDF", ajoute-t-il. "Ces discussions se poursuivent et j'y défends notre entreprise pour le présent et surtout le futur."

Jean-Bernard Lévy assure que les aspects contractuels et industriels du programme Hinkley Point "permettent d’être confiants pour engager définitivement le projet".

"Une revue des risques conduite fin 2015 a établi que les risques sont bien identifiés et sont surmontables moyennant la mise en œuvre d'une série de recommandations", ajoute-t-il.

La CGT reproche dans un communiqué à la présidence d'EDF et à l'Etat de vouloir "imposer à marche forcée" un projet qui pourrait, selon le syndicat, être soumis au conseil d'administration du 30 mars.

Le syndicat organise en outre une consultation auprès de ses salariés, les invitant à demander au conseil d'administration de différer le projet.

Ce projet de construction de deux réacteurs de type EPR en Grande-Bretagne, évalué à 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ), alimente les inquiétudes quant à ses conséquences sur les finances d'EDF, qui a annoncé lundi la démission de son directeur financier.

Dans un rapport publié jeudi, la Cour des comptes estime que le montage envisagé pour Hinkley Point illustre le poids de la contrainte financière à laquelle le groupe se trouve confronté.

La Cour des comptes souligne aussi que les retards de mise en service des autres EPR en cours de construction dans le monde, notamment à Flamanville (Manche) et en Finlande, peuvent "évidemment susciter des interrogations quant à la capacité du projet Hinkley Point à tenir les délais initialement impartis".

Le projet Hinkley Point, qu'EDF mène avec son partenaire chinois CGN, a reçu jeudi l'aval de la Commission européenne.

(Emmanuel Jarry et Patrick Vignal pour le service français)

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  • paspil il y a 9 mois

    il n y a pas d'investisseurs anglais dans cette superbe affaire ... le contribuable francais sera en premiere ligne ... l 'état ou EDF c est un peu la meme chose , si ca coute on le paiera avec le prix de l'electricité ou nos impots ...

  • nayara10 il y a 9 mois

    Et le 1% du chiffre d'affaire qui va dans la cagnotte du Com d'Entreprise ??.....

  • M4750397 il y a 9 mois

    Areva : Uramin, EDF : Areva et Hinkley Point, SNCF: TGV etc ... (gauche, droite confondus)CONTINUONS LE ... GACHIS.A quoi servent les syndicats?

  • M5626052 il y a 9 mois

    @neutro: vous avez raison.La sûreté est d'abord une affaire d'expérience industrielle. Donc, avec des paliers standardisés (900 puis 1300/1450 MW) l'effet de série permet la mutualisation des connaissances et des économies lors des modifications soit de conception soit de réalisation. Quant aux exigences de l'ASN, pour l'EPR, ce n'est pas leur existence mais le fait qu'elles soient formulées tardivement par rapport à l'avancement du chantier et qu'elles obligent donc à des retours en arrière.

  • M5626052 il y a 9 mois

    L'électricité ne peut être un produit purement commercial, car dans ce cas, les campagnes éloignées ne seraient pas desservies ni même alimentées. Donc il faut un opérateur pour assurer la péréquation des tarifs. Cet opérateurs a été EDF depuis 1946. Le problème c'est que l'Etat, et plus particulièrement le PS, veut mettre EDF à toutes les sauces en lui imposant des exigences contradictoires; Donc même si EDF n'est pas parfaite, les politiques contribuent largement à son naufrage.

  • neutro il y a 9 mois

    @aiki: je ne vois pas comment vous pouvez affirmer que le niveau de sureté d'unités de 500-600 MW est plus élevé que celui des 1000 MW. Ce qui pénalise l'EPR (1600 MW), c'est justement la redondance de sureté voulue par les concepteurs franco-allemands + l'abandon de la conception des réacteurs actuels calquée sur la licence originelle américaine de Westinghouse (PWR)...

  • neutro il y a 9 mois

    Cet EDF là est une entreprise commerciale et n'a plus rien à voir avec du service public, l'Etat n'a donc aucune raison légitime de contribuer à financer de tels projets. Si l'Etat veut essayer de gagner de l'argent (à l'export), qu'il fasse le ménage dans l'organisation française d'EDF, mais cela c'est une autre histoire...

  • C.Caulli il y a 9 mois

    Le fiasco finlandais est peut être ?? en train de trouver une solution ... mais on continue les mêmes erreurs avec les Anglais en les rassurant que ce seront les contribuables français qui paieront les dépassements financiers du programme Hinkley Point ... GESTION DESASTREUSE

  • aiki41 il y a 9 mois

    Si nous souhaitons garder un programme nucléaire, ce n'est plus dans des unités de production de plus 1000 MW qu'il faut investir mais dans des unités plus petites (500-600 MW). Certes, ces petites unités sont un peu moins rentables mais le niveau de sûreté est bien meilleur, donc plus sûre.

  • aiki41 il y a 9 mois

    M586441, tout à fait. Je me rappelle que FT (ce n'était pas encore Orange) avait demandé à l'Etat de diminuer les dividendes pour investir davantage. L'Etat français avait refusé.