EDF: l'activité pénalisée par un environnement énergétique dégradé sur 9 mois

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EDF: l'activité pénalisée par un environnement énergétique dégradé sur 9 mois ( AFP/Archives / ERIC PIERMONT )
EDF: l'activité pénalisée par un environnement énergétique dégradé sur 9 mois ( AFP/Archives / ERIC PIERMONT )

Le géant énergétique français EDF a publié mardi un chiffre d'affaires en repli de 4,7% sur les neuf premiers mois de l'année, pénalisé par la baisse des prix de l'électricité sur le marché de gros et une concurrence accrue en France.

Sur la période allant de début janvier à fin septembre, EDF a réalisé un chiffre d'affaires de 52 milliards d'euros, soit un recul de 3,1% à périmètre et taux de change constants.

C'est toutefois mieux que le niveau de 51,3 milliards d'euros attendu par le consensus d'analystes interrogés par le groupe, détenu majoritairement par l'Etat français.

En France, où EDF réalise plus de la moitié de son activité, le chiffre d'affaires a progressé de 0,4% à 28,8 milliards d'euros.

La régularisation tarifaire décidée par le Conseil d'Etat au profit du groupe pour la période allant d'août 2014 à fin juillet 2015 a permis de compenser la baisse des prix de marché et la disparition des tarifs régulés pour les professionnels, ce qui a accentué la concurrence sur le marché hexagonal.

La production nucléaire s'est établie à 287,1 térawattheures, en repli de 6,3% en raison de l'arrêt de réacteurs nucléaires pour maintenance ou des contrôles de sûreté menés à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur des générateurs de vapeur présentant une concentration excessive en carbone.

Mardi, environ un tiers des 58 réacteurs nucléaires exploités par le groupe en France étaient à l'arrêt, faisant craindre des risques pour l'approvisionnement électrique du pays en cas de grand froid.

Et sur les 18 réacteurs concernés par le phénomène de ségrégation carbone, sept sont encore dans l'attente d'une autorisation de redémarrage, lequel devrait intervenir fin novembre et début décembre, a indiqué Dominique Minière, directeur exécutif chargé du parc nucléaire et thermique d'EDF, lors d'une conférence avec les analystes. Cinq autres seront examinés jusqu'à la mi-janvier.

Ces arrêts avaient conduit EDF à abaisser une nouvelle fois, début novembre, ses objectifs annuels de production nucléaire et d'excédent brut d'exploitation: le groupe table désormais sur une fourchette d'Ebitda de 16,0-16,3 milliards d'euros et une production de 378-385 TWh en 2016, puis de 390-400 TWh en 2017.

Il a toutefois réitéré mardi sa prévision d'un endettement net de 2 à 2,5 fois l'Ebitda en 2016 et d'un taux de distribution du résultat net courant compris entre 55% et 65%.

L'endettement d'EDF devrait notamment bénéficier de la cession partielle qui est envisagée pour environ 1,5 milliard d'euros de sa créance CSPE détenue sur l'Etat français. Ce dernier doit s'acquitter des impayés des pouvoirs publics liés à cette taxe prélevée sur la facture d'électricité pour financer les énergies renouvelables.

A moyen terme, EDF a toujours l'ambition de générer un cash flow positif en 2018 après dividendes (hors Linky, nouveaux développements et cessions).

La faiblesse des prix de l'électricité a également pesé sur les deux autres principaux marchés d'EDF: le Royaume-Uni où l'activité a chuté de 19,7% à 6,8 milliards d'euros, et l'Italie où elle a baissé de 6,3% à 8 milliards.

EDF avait annoncé en avril une série de mesures pour renforcer sa situation financière, dont un projet d'augmentation de capital de 4 milliards d'euros, qui sera assurée aux trois quarts par l'Etat français, son actionnaire à environ 85%. Elle devrait être réalisée avant la fin du premier trimestre 2017.

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  • M2286010 il y a 4 semaines

    Royal, fervente partisane de la fermeture de centrales nucléaires, a juré ses grands dieux qu'il n'y aurait pas de coupures d'électricité, en France, cet hiver. Nous verrons, en Avril, si elle tient aussi bien ses promesses que son ex...