EDF: des actionnaires veulent un retrait de la cote.

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(CercleFinance.com) - Le climat social au sein d'EDF est, on le sait, particulièrement tendu depuis de longues semaines, avec en toile de fond un projet très décrié, celui d'Hinkley Point C. Soutenu par l'Etat britannique, désireux de relancer la machine nucléaire, et par la direction de l'électricien, alors que le ministère de l'Economie Emmanuel Macron en a remis une couche ce week-end dans une interview accordée à la BBC, il consiste en la construction de 2 réacteurs EPR moyennant un investissement de 24 milliards d'euros. Trop gros aux yeux de certains actionnaires salariés qui, réunis au sein de l'association 'EDF actionnariat salarié', ont déposé ce matin une requête auprès de l'AMF.

Le but ? Obtenir rien de moins qu'un retrait de la cote. Très remontés, ces actionnaires estiment que l'Etat, qui dispose d'une participation de 85% et de plus de 90% des droits de vote, 'se comporte comme le seul propriétaire d'EDF'. De leur point de vue, 'le gouvernement français associe et confond son projet stratégique de développer la filière nucléaire avec l'intérêt social d'EDF SA'.

Etant donné la répartition du capital de l'électricien, 'la question de sa pertinence en Bourse se pose clairement', commentaient ce matin les équipes d'Aurel BGC. Reste les chances d'accession au voeu d'un retrait non pas au cours actuel, d'un peu moins de 12 euros, mais 'a minima au prix de l'introduction en Bours', soit... 32 euros par titre, qui semblent faibles.

Les nuages s'accumulent décidément depuis quelques semaines au-dessus d'EDF, dont l'endettement, la stratégie et la gouvernance suscitent bien des inquiétudes, et alors que les chantiers de Flamanville (Manche) et d'Hinkley Point C sont jugés beaucoup trop coûteux par une partie du conseil d'administration. Directeur financier démissionnaire, Thomas Piquemal ne pensait pas autrement. Rappelons aussi les 800 millions d'euros de provisions supplémentaires pris en janvier dernier dans les comptes consolidés d'EDF au titre de l'exercice 2015, afin de tenir compte de l'augmentation des dépenses relatives au projet de stockage profond des déchets radioactifs Cigéo.

Les 'frondeurs' qui ont démarché l'AMF ce mercredi estiment pour leur part que le projet britannique est susceptible d''obérer l'avenir de l'entreprise et les investissements nécessaires tant à la transition énergétique qu'à la maintenance du parc nucléaire actuel'. Leur point de vue converge ainsi avec celui de membres du conseil d'administration selon lesquels la participation d'EDF de 66,5% dans Hinkley Point C est trop conséquente à l'heure actuelle.

A ce stade, EDF ne serait in fine pas recapitalisée. Selon Les Echos, la société réfléchit toutefois à un plan de cessions et à un plan d'économies plus important que les 700 millions d'euros déjà annoncés à horizon 2018.

De son côté, François Hollande préside aujourd'hui une réunion sous haute tension pour valider les mesures que l'Etat a prévu de prendre afin d'aider l'électricien, par ailleurs mis à contribution pour sauver Areva à travers le rachat d'Areva NP, la division Réacteurs & services du numéro un mondial du nucléaire, valorisée 2,5 milliards d'euros. Réuni vendredi, le conseil d'administration doit entériner le plan de financement d'EDF.

Entre la chute des prix du marché, une dette élevée et des investissements considérables à prévoir, le groupe va en quelque sorte devoir trouver le juste milieu. Et certainement faire des choix qui ne lui vaudront pas que des louanges.

(G.D.)


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