« Eden », une jeunesse électrocutée

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Félix de Givry incarne Paul, un jeune musicien de la scène électro.
Félix de Givry incarne Paul, un jeune musicien de la scène électro.

Le musicien Sven Love a inspiré à sa sœur cinéaste, Mia Hansen-Love, un film qui parcourt vingt ans de la scène électro française (vendredi 25 décembre à 20 h 50 sur Canal+ Cinéma).

Film à 20 h 50 sur Canal+ Cinéma L’histoire d’Eden, qui ne la connaît ? Il suffit de lire la Bible. Un couple innocent et immortel au Jardin des délices, l’attrait du fruit défendu, la chute, l’expulsion, l’immersion dans le début de l’histoire humaine et la finitude du monde, au prix de la sueur et de la violence, du désir et de l’espérance.

Cette histoire, Mia Hansen-Love l’a déjà tricotée durant quatre films avant celui-ci, Eden  : l’histoire de Paul, jeune musicien qui va vivre dans le Paris des années 1990 la frénétique ascension de la French touch, ce filon créatif de la scène électro mondiale, avant de brutalement décélérer la décennie suivante, la gloire et l’amour en fuite, mais avec en puissance le désir de s’accomplir enfin.

Cinéaste d’une conséquente modernité, Mia Hansen-Love, qui a signé son premier long-métrage à 26 ans, continue de filmer ce qu’elle connaît le mieux  : la jeunesse. La jeunesse comme moment de grâce, aspiration folle à la pureté des idéaux, à l’entièreté des sentiments, à la dépense de l’être, mais aussi bien la jeunesse comme « il faut bien qu’elle se passe », et le plus vite sera le mieux, histoire de sortir de soi-même et de commencer sa vie avec autrui et dans le monde.

Etrange maturité On voit par là que Mia Hansen-Love, jeune cinéaste en cela très singulière à une époque où l’idolâtrie de l’éternelle jouvence atteint son apogée, est plus poétique que consumériste, plus humaniste qu’insurrectionnelle. Il est d’ailleurs probable que le...

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