Écoutes et scandales : abîmons-nous joyeusement !

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Quelques-uns des présidents de la République français.
Quelques-uns des présidents de la République français.

On peut bien sûr s'enflammer à lire les journaux et redouter ou espérer que la justice, dite indépendante, fasse son travail en traquant les puissants. On peut aussi s'offusquer qu'un ancien chef de l'État soit mis sur écoute, redouter que Nicolas Sarkozy soit l'objet d'une vindicte de la gauche, que François Hollande soit le grand chef d'orchestre d'un complot national. Et puis, on peut aussi arrêter les plaisanteries et observer ce qu'est profondément la nature de notre démocratie : une monarchie dont le représentant suprême dispose, en vérité, d'une immunité non écrite. Elle ne figure dans aucun texte, et pourtant elle a fait ses preuves.De par la nature même de leur fonction, les présidents de la République française ne seront jamais vraiment inquiétés par la justice. Pourquoi ? Parce que leurs secrets sont les nôtres. Qu'ils les gardent ! Ils ont accès durant leur mandat à une quantité de renseignements qui relèvent de la raison d'État. Et pour cette seule raison, ils ne sont plus tout à fait justiciables. Qui veut réellement savoir comment nous nous protégeons de la menace terroriste ? Qui veut que Nicolas Sarkozy raconte la vérité sur les rançons, le dispositif nucléaire, les actions commandos de nos services secrets ? Personne. C'est la part d'ombre du pouvoir qui les protège bien plus que les armées d'avocats qu'ils pourraient déployer s'ils étaient un jour vraiment inquiétés.Simple exercice de la politiqueLe passé de...

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