Ecotaxe: un agriculteur relaxé après la destruction d'un portique

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Un gendarme devant un démantèlement d'un pont routier, mis en place pour collecter l'écotaxe, le 23 juin 2014 près de Prinquiau, sur la N171 entre Nantes et Saint-Nazaire ( AFP/Archives / THOMAS BREGARDIS )
Un gendarme devant un démantèlement d'un pont routier, mis en place pour collecter l'écotaxe, le 23 juin 2014 près de Prinquiau, sur la N171 entre Nantes et Saint-Nazaire ( AFP/Archives / THOMAS BREGARDIS )

Joseph Baron, un agriculteur breton de 55 ans, a été relaxé mercredi par la cour d'appel de Rennes de toute complicité dans la destruction d'un portique écotaxe en 2013 lors d'une manifestation des Bonnets rouges.

En mai 2014 à Saint-Brieuc, "Jo" Baron avait été condamné pour ces faits à trois mois de prison avec sursis.

"La cour a examiné très attentivement tout ce dossier pas très épais mais pas si simple", a résumé la présidente de la cour, Laurence Turbe-Bion, avant d'annoncer au prévenu qu'il était relaxé.

L'agriculteur, les larmes aux yeux, est alors tombé dans les bras de sa famille. "Je suis soulagé, ça veut dire qu'on a eu raison de se battre durant tout ce temps, le dossier était vide", a-t-il réagi, heureux qu'une magistrate l'ait enfin "écouté et entendu".

Le 3 novembre 2013, un portique écotaxe installé à Lanrodec (Côtes-d'Armor), sur la RN12, s'était effondré après avoir été incendié lors d'une manifestation du mouvement des Bonnets rouges, en lutte contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne.

Le 14 mai 2014, le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc avait condamné un chauffeur routier et M. Baron, tous deux opposés au principe de l'écotaxe, pour ces dégradations à respectivement six et trois mois de prison avec sursis. Le tribunal avait alors renvoyé la question des indemnités à une audience ultérieure. L’État réclame en effet aux deux condamnés 1,3 million d'euros pour la destruction du portique.

L'agriculteur, seul à avoir maintenu son appel, était poursuivi pour "complicité de destruction". On l'accusait d'avoir conduit son tracteur, dont la remorque était remplie de pneus usagés, et d'avoir déversé sa cargaison dans un champ voisin du portique, afin que les manifestants puissent y mettre le feu.

Mercredi, la présidente Turbe-Bion a déclaré le jugement de première instance "nul", donnant raison à l'avocat du prévenu, Éric Dupond-Moretti, qui avait fait remarquer que son client avait été condamné abusivement pour dégradation, alors qu'il était poursuivi pour une simple "complicité".

Jo Baron avait redit à l'audience avoir déposé les pneus à une quinzaine de mètres du portique, contraint par trois militants qui étaient venus eux-mêmes les charger sur son exploitation. "Si j'avais voulu brûler le portique", s'était-il agacé, "j'aurais benné les pneus au pied du portique", pas à 15 mètres.

Le parquet général avait requis la confirmation de la peine de première instance.

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