Ecosse-Le oui et le non à l'indépendance au coude-à-coude

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(Actualisé tout du long) par Angus MacSwan et Guy Faulconbridge EDIMBOURG, 9 septembre (Reuters) - A neuf jours du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, la percée des partisans du "oui" est à nouveau confirmée par la publication mardi d'un sondage TNS qui donne une avance d'un seul point aux défenseurs du maintien dans le Royaume-Uni. Les tenants du "non" ne sont plus que 39% contre 45% il y a un mois tandis que les indépendantistes effectuent une progression spectaculaire, passant de 32% à 38% des intentions de vote en quelques semaines. Cette enquête d'opinion vient confirmer un renversement de tendance parmi les électeurs écossais de plus en plus nombreux à être tentés par la fin de l'accord d'union, vieux de 307 ans, entre l'Ecosse et l'Angleterre. "Ce sondage révèle un changement remarquable dans les intentions de vote", commente Tom Costley, responsable de TNS Scotland. "C'est très serré et les deux parties vont maintenant être dynamisées pour tirer pleinement profit des derniers jours de la campagne et persuader les électeurs indécis des mérites de leurs positions respectives." Cette montée en puissance du camp du "oui" - un sondage YouGov publié dimanche va dans le même sens - emmené par le Parti national écossais (SNP) d'Alex Salmond au pouvoir en Ecosse, rend désormais la scission du Royaume-Uni envisageable. Après la publication dimanche du sondage YouGov donnant pour la première fois le camp du "oui" en tête avec 51% des intentions de vote, les marchés financiers britanniques ont reculé lundi. La perspective d'une sortie de l'Ecosse du Royaume-Uni cessant d'être une chimère, les trois principaux partis politiques britanniques (travaillistes, conservateurs et libéraux démocrates) se mobilisent pour empêcher ce qu'ils perçoivent comme un scénario catastrophique. Leurs dirigeants ont notamment prévu de se rendre en Ecosse mercredi plutôt que d'assister à la session hebdomadaire des questions au gouvernement. L'ancien Premier ministre Gordon Brown, travailliste d'origine écossaise, a, lui, proposé un calendrier pour l'élargissement des pouvoirs octroyés au Parlement écossais. SIGNE DE SOLIDARITÉ S'exprimant devant une association de mineurs du comté de Midlothian lundi soir, Brown a expliqué que les négociations sur un transfert accru de compétences pourraient débuter dès la victoire du "non" et une loi pourrait être déposée devant le Parlement britannique en janvier. L'élargissement des pouvoirs toucherait les domaines de la sécurité sociale, des finances, du social et de la politique économique, a-t-il précisé. "Cela nous rapprocherait autant que possible du fédéralisme", a-t-il poursuivi. "L'Ecosse est déjà une nation. Nous sommes fiers de notre histoire et de notre culture". L'intervention de Gordon Brown, qui continue de jouir d'une forte popularité en Ecosse, a été saluée par les trois principaux partis politiques, y compris les conservateurs de David Cameron. Le chef du gouvernement se tient en retrait du débat, estimant que son appartenance à un milieu aisé et son engagement conservateur ne sont pas les meilleurs atouts pour convaincre une opinion publique écossaise majoritairement de gauche. Alex Salmond, le leader des indépendantistes, a jugé mardi que les propositions faites par Gordon Brown n'apportaient rien de nouveau par rapport à ce que les défenseurs du "non" proposaient déjà au printemps. Ed Miliband, chef de file du Parti travailliste, a appelé ses électeurs à déployer en signe de solidarité des drapeaux écossais dans les "villes et les villages de tout le Royaume-Uni (...) pour adresser à l'Ecosse le message: restez avec nous". Le sondage TNS a été effectué entre le 27 août et le 4 septembre auprès de 990 personnes. Quatre-vingt quatre pour cent d'entre elles se disent certaines d'aller voter le 18 septembre. Parmi celles-ci, le "non" et le "oui" sont à égalité à 41%, contre respectivement 46% et 38% lors du sondage précédent. Les indécis sont 18% ce qui veut dire que 600.000 personnes ont l'intention d'aller voter mais n'ont pas encore choisi leur camp. (Angus MacSwan; Danielle Rouquié et Pierre Sérisier pour le service français)

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